La présidente de l’Assemblée nationale a dévoilé, ce mardi lors d’une cérémonie, des plaques commémoratives en hommage à Victor Hugo, Alphonse de Lamartine, Louisy Mathieu, Victor Schœlcher et Alexis de Tocqueville, cinq députés « engagés pour l’abolition de l’esclavage », à l’occasion des 25 ans de la loi Taubira.
Dans le prolongement de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, et quelques jours avant le 25e anniversaire de la loi Taubira, reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’Humanité, « cette cérémonie s’inscrit dans la volonté de la Présidente de faire du Palais-Bourbon un lieu vivant de mémoire, honorant les combats portés par les parlementaires contre l’esclavage et la traite ».
« En apposant des plaques à la mémoire de cinq députés illustres engagés pour la deuxième abolition de l’esclavage en 1848 » -Victor Hugo, Alphonse de Lamartine, Louisy Mathieu, Victor Schœlcher et Alexis de Tocqueville-, Yaël Braun-Pivet « entend rappeler que la lutte contre l’esclavage et pour l’égalité des droits est une conquête portée par des parlementaires d’exception, dont la Nation demeure l’héritière » indique la présidence de l’Assemblée nationale.
Cette commémoration a aussi permis à l’institution de rappeler « une histoire méconnue du grand public ». « Après les élections de 1848, l’Assemblée constituante s’était installée dans la Cour d’honneur alors que l’Hémicycle actuel était trop étroit pour les quelque 900 députés nouvellement élus. Cette salle provisoire dénommée « Salle de carton » fut le théâtre d’une vie parlementaire mouvementée de mai 1848 à décembre 1851 », raconte l’Assemblée nationale.
« Victor Hugo y prononça notamment quelques fameux grands discours, comme son « Discours sur la misère » » poursuit le palais Bourbon. « Victor Schœlcher et Louisy Mathieu, son suppléant et ancienne personne esclavagisée, y siégèrent côte à côte pour représenter la Martinique et la Guadeloupe. Tocqueville et Lamartine portèrent quant à eux une voix centrale, inspirée par l’idéal du libéralisme politique ».
« Ces cinq plaques formeront un nouveau lieu inédit du palais Bourbon pour cinq géants du Parlement et cinq consciences contre l’esclavage et la traite » poursuit le communiqué de l’Assemblée nationale, qui veut aussi « célébrer le prestige de cette Assemblée de 1848, pour continuer à mettre en valeur le patrimoine de l'Assemblée nationale et mieux faire connaître cette histoire vivante et engagée ».
« On n'avait pas de lieu à l'Assemblée nationale pour honorer la mémoire de cette histoire, la mémoire des victimes de l'esclavage et aussi la mémoire des politiques qui se sont battues, qui en ont fait parfois le combat d'une vie » a déclaré Yaël Braun-Pivet à l’issue de la cérémonie. « C'est important de rappeler que parfois, l'histoire vacille et peut causer les pires atrocités en réduisant notamment des hommes, des femmes et des enfants à la servitude, l'asservissement, à un statut mobilier ».
Yaël Braun-Pivet a aussi appelé à « regarder toute notre histoire », alors qu’elle était interrogée sur la présence à l’Assemblée nationale de Colbert père du Code Noir, qu’une proposition de loi va proposer son abrogation le mois prochain. « Il ne faut pas vouloir gommer certaines de ces figures » a-t-elle estimé. « En revanche, bien montrer que l'histoire est complexe et qu'il y a des figures qui ont participé à cette histoire funeste (…). Il y a des explications en dessous de la statue et ça, c'est important ».
Une classe de CM2 de Clichy-sous-Bois, lauréate du concours « Flamme de l’égalité » (créé en 2015 à l'initiative du Conseil national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage afin de respecter les préconisations de la loi Taubira) était présente, « en témoignage de l’engagement de l’institution pour un travail de mémoire transmis à toutes les générations ». La cérémonie a également eu lieu en présence de la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou.





















