SÉRIE. Ports en Outre-mer (5/6) : en Nouvelle-Calédonie, une année 2024 en berne, due principalement aux mouvements sociaux

©Port Autonome de Nouméa

SÉRIE. Ports en Outre-mer (5/6) : en Nouvelle-Calédonie, une année 2024 en berne, due principalement aux mouvements sociaux

Les émeutes de 2024 ont eu des effets délétères sur toute l’économie de l’archipel, et en particulier sur l’activité portuaire, qui a diminué de 18,9% sur l’année considérée. On observe une chute drastique des exportations de nickel et des vracs solides, et une diminution plus modérée des trafics des vracs liquides et du trafic conteneurisé.

En 2024, les émeutes ont nettement freiné l’activité du port autonome de Nouméa, dont le trafic a chuté de 18,9%, pour atteindre 3,6 millions de tonnes (Mt). Ce recul contraste avec la dynamique positive de 2023, année durant laquelle le port avait enregistré une progression de 11,7%. Sur une période de trois ans, le port calédonien affiche désormais un repli cumulé de 9,4%, rapporte une étude du site Ports et corridors, spécialisé dans l'actualité du transport maritime et de la logistique portuaire.

En 2024, les vracs solides enregistrent une baisse de 22,8%, pour s’établir à 2,5 Mt. Ce segment repose principalement sur les flux de minerais acheminés entre les sites d’extraction et les unités de transformation. Ce trafic s’est particulièrement effondré, chutant de 26,1% pour atteindre 2,2 Mt.

« Par ailleurs, la Nouvelle-Calédonie exporte directement le nickel extrait dans les mines de l’île. Ces produits sortent par des appontements à proximité des lieux de production. Ces trafics ne sont pas comptabilisés dans les chiffres globaux du port. En 2024, ils représentent 4,4 Mt. Un trafic en chute de 37% en raison des mouvements sociaux », précise Ports et corridors.   

Les importations de vracs liquides reculent légèrement en 2024, avec une baisse de 2% pour atteindre près de 440 000 tonnes, un repli attribué à une demande affaiblie par la situation sociale. Les marchandises diverses suivent la même tendance. Au total, le trafic conteneurisé diminue de 5,6%, pour s’établir à 61 950 EVP (équivalent vingt pieds, en anglais, soit 6 mètres en volume, ndlr). Ce trafic se répartit entre les importations et le transbordement : les premières atteignent 38 344 EVP, soit une chute de 14,7% par rapport à 2023.

Les exportations générales baissent également de manière plus modérée. « Elles perdent 0,8% à 204 613 tonnes. Cette diminution est liée aux sorties de ferronickel qui perdent 9,3% à 4367 EVP », relève l’étude. Les boîtes en transbordement voient pour leur part une augmentation de 5,7% à 5057 EVP.

Dans la catégorie des marchandises diverses, les importations de véhicules neufs poursuivent leur repli. Elles chutent de 32,6%, pour s’établir à 5 375 unités. Par ailleurs, l’activité croisière a représenté, pour Nouméa, 61 escales et 185 284 passagers au cours de l’année 2024, d’après les chiffres du port autonome.

PM

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