Polynésie : Le maire de Punaauia Simplicio Lissant élu président du Syndicat pour la promotion des communes

©Charlie René / Radio 1 Tahiti

Polynésie : Le maire de Punaauia Simplicio Lissant élu président du Syndicat pour la promotion des communes

Le maire de Punaauia, 2ème commune la plus peuplée de Tahiti, seul candidat à la succession de Cyril Tetuanui, a été élu président du Syndicat pour la promotion des communes sans aucun vote blanc. Une élection inédite puisque les rênes de l’organisme sont traditionnellement confiées à des îliens. Simplicio Lissant s’est engagé à ne pas « oublier » les petites communes, et à renforcer leur accompagnement technique, juridique et administratif. Un sujet de notre partenaire Radio 1 Tahiti.

Pas l’ombre d’un doute, au Fare Amuira’a (maison communautaire, ndlr) de Matatia (quartier de Punaauia) où le Syndicat pour la promotion des communes (SPC-PF) avait réuni ses 46 municipalités adhérentes, toutes celles de Polynésie à l’exception de Faa’a et Arue. 

Comme après chaque municipale, le SPC-PF renouvelle son bureau et son président, avec cette année un changement annoncé puisque Cyril Tetuanui, à la tête de l’organisme depuis 2014, a perdu son siège de maire. C’est d’ailleurs son successeur à Tumaraa, Gérard Goltz, en tant que doyen de l’assemblée, qui a présidé le scrutin. 

Mais les regards sont bien tournés vers un autre maire : Simplicio Lissant, vice-président du SPC-PF et dont le nom avait déjà circulé en début de la précédente mandature pour prendre les rênes du syndicat. Cette fois, il est bien candidat, et c’est même le seul en lice, devant les tavana (maires, ndlr), adjoints ou délégués communaux. Résultat : 97 voix sur 97, sans aucun bulletin blanc. Le maire de Punaauia se félicite d’un « véritable plébiscite », pas arrivé « depuis bien longtemps » au SPC-PF et parle d’un « honneur » autant que d’une « responsabilité ».

Bureau resserré

Son élection est inédite à plus d’un titre puisque, depuis la création du syndicat en 1980, les rênes de l’organisme n’ont jamais été confiées au représentant d’une « grosse commune » de Tahiti. « On a voulu innover, faire tourner un petit peu les responsabilités. Et je remercie nos collègues des îles, qui ont joué le jeu. Mais je l’ai dit dans mon discours : ce n’est pas parce que je suis un tavana de grande commune que les petites îles seront oubliées », précise Simplicio Lissant, qui a grandi à Fakarava. « Je suis le président de l’ensemble de nos communes, et l’attention nécessaire aux plus petites communes sera toujours un guide dans mes actions en tant que président ».

Le nouveau chef de file du SPC-PF n’a pas commenté les ennuis judiciaires de son prédécesseur, mais a salué son action au sein de l’organisme pendant 12 ans, qui a, selon lui, « renforcé la place des communes dans le paysage institutionnel ». Reste que Simplicio Lissant veut du changement : il parle d’un syndicat « plus proche », « plus exigeant », « plus transparent » aussi, qui sait manier « la fermeté et le compromis », qui se rend « incontournable ».

Un syndicat un peu plus économe, au passage : le nouveau président a limité à 13 le nombre de membres du bureau, désormais tous vice-présidents, contre 18 auparavant.

« Faire en sorte que les élus puissent atteindre leurs objectifs »

Pour le reste, le cap reste le même : défendre les intérêts des communes auprès du Pays et l’État, et surtout renforcer leur accompagnement. « Beaucoup de petites communes éloignées ne disposent pas de tous les moyens pour mener leurs projets. Et ça, ça va être essentiel dans les actions du SPC de tout mettre en œuvre pour accompagner, en termes d’ingénierie, d’approche financière, d’accompagnement juridique et administratif… Faire en sorte que les élus puissent atteindre leurs objectifs pour le bien-être de nos populations ».

En plus d’être tavana et représentant du parti Tapura Huiraatira à l’assemblée locale, Simplicio Lissant devrait donc assurer la présidence du SPC pour les six à sept prochaines années. Une triple casquette sur laquelle il dit s’être « posé des questions », mais qui ne l’empêchera pas, dit-il, d’être investi pour sa commune de Punaauia.

Charlie René pour Radio 1 Tahiti