Pacifique : Nauru envisage de redevenir « Naoero », son nom historique

Pacifique : Nauru envisage de redevenir « Naoero », son nom historique

Le président de la République de Nauru, David Adeang, souhaite ouvrir un nouveau chapitre symbolique dans l’histoire du pays. Un projet de réforme constitutionnelle a récemment été présenté au Parlement afin de remplacer officiellement le nom « Nauru » par « Naoero », une appellation plus proche de la langue et de l’identité originelle de l’île.

Derrière ce changement, l’exécutif nauruan met en avant une volonté de réapropriation culturelle. Selon les autorités, le nom « Nauru », aujourd’hui reconnu sur la scène internationale, serait avant tout le résultat d’une adaptation progressive imposée par des usages étrangers, notamment liés à la difficulté de prononciation du terme « Naoero » par les non-locuteurs.

Le gouvernement estime que cette réforme s’inscrit dans une tendance mondiale, où plusieurs États ont récemment décidé de modifier leur nom officiel pour mieux refléter leur culture, leur langue ou leur souveraineté. Ces dernières années, des pays comme Eswatini ou encore la Türkiye ont ainsi revendiqué une nouvelle dénomination, plus conforme à leur identité nationale.

Si le texte est adopté, « Naoero » pourrait devenir le nom officiel utilisé dans les documents administratifs, les institutions nationales, mais aussi dans les organisations internationales, notamment aux Nations Unies. Le changement pourrait également concerner des entités comme la compagnie aérienne nationale Nauru Airlines ou d’autres structures publiques.

La procédure reste toutefois longue. Le projet doit être approuvé par une majorité qualifiée au Parlement, avant d’être soumis à un référendum. Une fois le vote parlementaire acquis, les autorités détermineront le calendrier de la consultation populaire.

Au-delà de l’aspect administratif, la réforme s’annonce comme un geste fort, à la fois identitaire et politique, pour ce petit État du Pacifique de près de 10 000 habitants, souvent connu à l’étranger pour ses défis économiques (liés à l’extraction du phosphate), climatiques et géopolitiques.