L’Union nationale pour l’Indépendance, qui rassemble le Parti de Libération Kanak (Palika) et l’Union progressiste de Mélanésie (UPM), a défendu dans un communiqué, mardi 26 août, l’accord de Bougival qui « propose de poursuivre le processus de décolonisation et d’émancipation par la négociation » et « s’inscrit dans l’Histoire de la Nouvelle-Calédonie et de son peuplement ».
À contre-courant du Front de libération nationaliste kanak et socialiste (FLNKS), dont le Palika et l’UPM faisaient parties jusqu’en 2024, l’UNI a réaffirmé dans un communiqué son soutien à l’accord de Bougival, signé en juillet dernier en région parisienne, par l’État, les indépendantistes et non indépendantistes.
Pour l’UNI, « ce processus inédit qui a pour ambition d’aboutir à la complète émancipation de la Nouvelle-Calédonie, nécessite de faire preuve d’imagination ». « En cela, l’Accord de Bougival reste fidèle à l’Esprit qui a prédominé à la signature des accords de Matignon/Oudinot puis de l’accord de Nouméa », estime l’Union, qui a procédé depuis le mois de juillet dernier, à l’explication des grands principes de l’accord obtenu à Bougival.
« La délégation Union Nationale pour l’Indépendance considère et réaffirme que les fondamentaux portés depuis 1988, dans le cadre qui était celui du FLNKS et au sein duquel le Palika et L’UPM étaient investis, sont préservés et garanties dans leurs continuités », insiste encore le communiqué, qui salue au passage la tenue du comité de rédaction de l’accord, sous l’égide de Manuel Valls, qui a permis l’élaboration d’un texte qui doit notamment permettre la consultation des électeurs sur l’accord en février 2026, définir le corps électoral des provinciales de mi-2026, fixer ce qui relèvera de la loi organique spéciale (LOS) et de la loi fondamentale.
« La loi fondamentale renforcera la capacité d’auto-organisation de la Nouvelle-Calédonie, en laissant le soin aux calédoniens de s’accorder sur des sujets, tels que : les signes identitaires, la charte des valeurs, le code de la citoyenneté, la répartition des compétences entre les institutions, la définition de sa hiérarchie des normes et les règles de fonctionnement et d’organisation de ses institutions » détaille l’UNI, qui précise que la loi organique spéciale doit encore « déterminer les conditions » dans lesquelles la Nouvelle-Calédonie pourra être « associée » à l’exercice des compétences régaliennes.
« Ces sujets, qui traitent de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie et de la trajectoire politique que trace l’accord de Bougival ne remettent en cause la reconnaissance et l’existence de l’identité kanak » estime encore l’UNI. « Au contraire, l’opportunité qui nous est donné au travers de cet accord, c’est de travailler tous ensemble à la consolidation d’une identité calédonienne autour de l’identité kanak dont il faudra appréhender et matérialiser ses subtilités, au sein de la loi fondamentale de l’État de la Nouvelle-Calédonie ».
L’UNI « appelle le peuple de la Nouvelle-Calédonie à s’approprier les grands enjeux de l’accord et d’en débattre car le processus de mise en œuvre de l’Accord de Bougival sera marqué par des étapes importantes : l’adoption du projet de loi constitutionnel ; la consultation des calédoniens portant approbation de l’accord ; l’élaboration de la Loi organique spéciale et de la loi fondamentale ». « Il s’agit véritablement d’une nouvelle ère, celle du processus de construction des fondements de la souveraineté de Kanaky-Nouvelle-Calédonie ».