Marine Le Pen exhorte l’Europe à acheter du nickel calédonien

Marine Le Pen lors de sa dernière visite en Nouvelle-Calédonie ©Facebook Marine Le Pen

Marine Le Pen exhorte l’Europe à acheter du nickel calédonien

Dans une tribune publiée dans Le Figaro mardi 28 avril, Marine Le Pen, députée du Rassemblement national, appelle l’Union européenne, au regard de la situation géopolitique, à sécuriser son approvisionnement en nickel depuis la Nouvelle-Calédonie, « seul grand gisement à sa portée capable d’assurer notre souveraineté ».

« Les industries de nos pays dépendent à 90 % d’importation de nickel en provenance de Chine et d’Indonésie », pointe la présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée, Marine Le Pen, dans une tribune parue dans le quotidien national Le Figaro, mardi 28 avril

Un fait qui constitue « un point de vulnérabilité majeure pour les économies et la défense » des membres de l’Union européenne (UE), ajoute l’ancienne candidate à la présidentielle, qui parle même « d’assujettissement » exposant le continent « à des ruptures d’approvisionnement, des embargos et des manipulations de prix ».

« Assurer notre souveraineté »

Il est donc « urgent pour l’UE », en raison du contexte géopolitique -guerre froide entre la Chine et les États-Unis, chaos moyen-oriental, obsession de Donald Trump pour le Groenland et dépendance aux matières premières et aux matériaux critiques, liste l’élue-, d’assurer un approvisionnement souverain et sécurisé en nickel « de qualité » en se tournant vers la Nouvelle-Calédonie, « seul grand gisement à sa portée capable d’assurer notre souveraineté ». 

Sans cela, « c’est l’existence même de notre modèle économique et social qui est menacée », considère la parlementaire, le nickel s’inscrivant « au cœur du mix industriel de la transition énergétique, de l’électronique et de la défense ».

Outre l’enjeu industriel, Marine Le Pen estime que cet approvisionnement représente « un impératif de cohérence de nos politiques par rapport à notre discours » concernant la différence de normes européennes en matière sociale et environnementale, ainsi qu’une « condition sine qua non de notre autonomie ».

Domination de Pékin

L’ancienne présidente du RN plaide pour que l’UE « prenne conscience du risque majeur auquel elle expose tous les Européens », alors que la « baisse des cours internationaux du nickel a durement touché depuis 2023 les entreprises occidentales du secteur », le résultat d’une « stratégie industrielle mûrement réfléchie » menée par Pékin, « en vue d’assurer la domination sur des segments clés de la chaîne de valeur du minerai aux produits finis ».

La Nouvelle-Calédonie en a été victime, souligne la représentante RN, évoquant les « échecs » des trois usines. Pour autant, au-delà de son prix, le minerai reste « stratégique ». Dans ce contexte, le « seul réservoir majeur et sécurisé auquel l’Europe peut faire appel » est celui du Caillou, qui possède « 26 % du nickel latéritique du monde », insiste Marine Le Pen. 

Et d'ajouter qu’il est temps que l’UE et la France « travaillent ensemble à coordonner leurs actions », afin de constituer une source d’approvisionnement nickel « européenne, si on met en place des moyens, des cadres d’exploitation responsables et des partenariats durables ». Une façon également de matérialiser la stratégie indopacifique, conclut la députée.

Anne-Claire Pophillat pour Les Nouvelles Calédoniennes