En quarantaine à Pitcairn, un cas d’hantavirus a transité par la Polynésie française

En quarantaine à Pitcairn, un cas d’hantavirus a transité par la Polynésie française

Le gouvernement de la Polynésie française a été informé qu'un cas contact d'Hantavirus a transité par Tahiti puis Mangareva le 7 mai 2026, sans que les autorités de la Collectivité d’Outre-mer et de l’État en soient informées, a annoncé le gouvernement local ce lundi.

« La personne concernée ne présente aucun symptôme et est actuellement isolée en quarantaine à Pitcairn » a précisé l’exécutif local, qui a décidé « par mesure de prudence », et à l’issue d’une réunion d’urgence avec l’État, « de ne pas autoriser son accès » en Polynésie française.

« Totalement asymptomatique et donc non contagieuse », cette ressortissante américaine « ne quittera pas l’île de Pitcairn (territoire britannique à l’Est de la Polynésie) pour transiter par la Polynésie tant qu’elle présente un risque pour autrui », assure encore le gouvernement local.

Toujours d’après l’exécutif polynésien, la personne concernée serait arrivée à Tahiti sur un vol en provenance de San Francisco, le 7 mai, avant de rejoindre l’île de Mangareva aux Gambier, puis Pitcairn. « Les passagers du même vol que la ressortissante (…) ne sont pas considérés cas contacts » a assuré le gouvernement de la Polynésie.

« Situés à deux niveaux de la chaîne de transmission, le risque de contamination est en effet estimé très faible par l'Organisation mondiale de la Santé, qui ne recommande pas de dépistage pour ces personnes » ajoute-t-on. « La situation fait l'objet d'un suivi étroit sur les cinq prochains jours, le temps d'observer l'évolution de l'état de santé de la personne concernée ».

Le gouvernement de la Polynésie française assure encore rester « en veille permanente », avec l’État. « La préoccupation première est la sécurité sanitaire des Polynésiens. Ils restent prêts à soutenir Pitcairn dans les jours prochains en cas de besoin ».

Les hantavirus sont une famille de virus dont l’infection est généralement transmise par des rongeurs, explique l’ANRS sur son site. Cette maladie zoonotique peut conduire à deux syndromes plus ou moins sévères et létaux. Le 3 mai 2026, l’OMS a alerté sur un possible foyer d’infection à hantavirus à bord du navire de croisière néerlandais MV Hondius reliant Ushuaïa, en Argentine, au Cap-Vert.

Le séquençage viral réalisé par les autorités sanitaires sud-africaines lors d’une escale à Johannesburg a identifié une souche d’hantavirus de type Andes. Il s’agit de la seule souche, parmi les 38 connues, à pouvoir se transmettre d’une personne à l’autre bien que ce mode de transmission reste marginal par rapport à l’exposition aux rongeurs infectés.

Depuis, le navire a accosté aux Canaries afin d’évacuer les passagers vers l’Australie ou les Pays-Bas. Une ressortissante française a été évacuée vers l’hôpital Bichat à Paris et testée positive. En outre, 22 cas contacts ont été identifiés sur le territoire hexagonal.

D’après l’OMS, neuf cas dont sept confirmés d’hantavirus ont été recensé dans le monde, depuis cet épisode lié à la croisière. Les deux cas probables « incluent le premier cas malheureusement décédé et un patient actuellement sur l'île Tristan da Cunha dans l'océan Atlantique ». Trois personnes sont décédées de ce virus, dont l’épouse du patient zéro présent sur la croisière.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu réunit ce lundi après-midi le gouvernement pour une nouvelle réunion d’urgence.