En Polynésie, l’Armée célèbre les 30 ans de présence du Casa, un « couteau suisse » qui sauve des vies

©Forces armées en Polynésie française

En Polynésie, l’Armée célèbre les 30 ans de présence du Casa, un « couteau suisse » qui sauve des vies

Cela fait 30 ans que cet appareil de transport tactique est à l’œuvre en Polynésie. Et quand il n’est pas le « cordon ombilical » des Forces armées en déploiement dans les îles ou à l’étranger, il participe à des missions de sauvetage ou de surveillance maritime. Mais le Casa est surtout le seul avion à pouvoir assurer des évacuations sanitaires de nuit sur des pistes non éclairées, une mission qui représente plusieurs dizaines de vies sauvées chaque année. Cet anniversaire valait donc bien une fête : à la base aérienne se sont enchaînées ce mercredi les visites et démonstrations, notamment celle l’équipe Phénix, parachutistes ambassadeurs de l’Armée de l’air, qui ont voltigé et coloré le ciel de Tahiti. Un sujet de notre partenaire Radio 1 Tahiti.

Chez les Forces armées, on n’oublie pas les anniversaires, et on ne se contente pas de bougies. À l’honneur, ce mercredi, sur la base du GAM de Faa’a, le CN-235, plus connu sous le nom de Casa. Voilà 30 ans cette année que cet avion de transport tactique est à l’œuvre en Polynésie. 

Et le Détachement air 190 était décidé à marquer le coup : une journée entière de commémoration, ouverte à une foule d’invités -autorités civiles, militaires, des élus, associations ou familles de personnel- a été dédiée au vénérable appareil. Au centre du programme, des visites d’aéronef, du Casa bien sûr, mais aussi d’un des nouveaux Falcon 50M Triton qui ont remplacé les Gardian. Le Dauphin aurait été de la partie s’il n’avait pas été appelé en intervention dans la matinée.

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Des stands de restauration et de présentation d’unité ont aussi été montés sur le tarmac de l’aéroport de Tahiti-Faa’a, mais ce sont surtout les démonstrations qui étaient les plus attendues. Les yeux rivés vers le ciel, les invités ont pu assister à des manœuvres « tactiques », sur et au-dessus de la piste, d’un Casa dont l’empennage avait été repeint, pour l’occasion, d’un bleu lagon et d’un vert forestier. Mais aussi au largage de l’équipe Phénix, les ambassadeurs parachutistes de l’armée de l’Air. 

Des voltigeurs qui s’illustrent régulièrement dans les 14-juillet parisiens ou dans des évènements internationaux, et qui sont venus pour l’occasion en Polynésie. En formation dans le ciel de Faa’a, ils ont déployé pendant leur vol des drapeaux français, polynésiens, et les insignes des unités locales. Bref, du grand spectacle, en l’honneur d’un avion décrit à la fois comme un « couteau suisse » et un « cordon ombilical » des forces armées.

« Trente ans, ce n’est pas si vieux que ça du point de vue aéronautique »

Car le Casa fait avant tout du transport de troupes et de matériel, pour des missions locales ou à l’étranger, il participe aussi, en Polynésie, à la surveillance et au sauvetage maritime ainsi qu’aux évacuations sanitaires de civils. « Plus de la moitié des aérodromes de Polynésie ne sont pas éclairés la nuit : c’est là qu’intervient le Casa », explique le commandant Alex, à la tête de l’escadron de transport 82 « Maine ». 

Commandant Alex, à la tête de l’escadron de transport 82 « Maine » ©Radio 1 Tahiti

« On est en complément des moyens civils, ceux d’Air Archipels qui effectue des évacuations sanitaires, mais ils ne sont pas capables de se poser de nuit sur une piste non éclairée. Dès lors, le Casa et le Dauphin de la Marine nationale interviennent. Le poser se fait sur l’aéroport avec une équipe du Samu que nous embarquons. Nous prenons en charge le patient et nous le ramenons ici (à la base aérienne de Faa’a, ndr) d’où il est emmené en ambulance jusqu’à l’hôpital du Taaone ».

Trente ans ou pas -et même près de 40, puisque le premier appareil a été mis en service en 1988 par la « Construcciones Aeronáuticas Sociedad Anónima » (Casa), depuis intégrée à Airbus- le Casa a de beaux jours devant lui, estiment unanimement les gradés de la base aérienne. Car ses capacités, aussi utilisées sur des théâtres d’opérations, en Afrique notamment, restent « parfaitement adaptées » aux Outre-mer et à la Polynésie en particulier : le CN-235 peut atterrir et décoller sur des pistes courtes, son autonomie peut atteindre 5 000 km, ce qui lui permet des aller-retours partout dans la Polynésie et des opérations à l’extérieur, il peut transporter 45 passagers ou six tonnes de fret, et bien sûr des brancards ou du matériel médical… 

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Des réflexions sont certes lancées à Paris pour les remplacer à long terme, mais pour le commandant Alex, les Casa de l’escadron Maine ont encore de beaux jours devant eux. « Trente ans, ce n’est pas si vieux que ça du point de vue aéronautique, ça reste un avion moderne. Il a encore des commandes par câble, ça pour les pilotes c’est agréable parce qu’on sent l’avion, et il garde des systèmes assez simples, rustiques, ce qu’il fait qu’il ne tombe pas en panne si facilement que ça, reprend le pilote. Il va y avoir une rénovation à mi-vie, sur l’avionique : vous imaginez des instruments à aiguilles qui vont se transformer en écran. C’est quelque chose qui va permettre à l’avion d’être employé un peu plus longtemps ».

En 2025, les Casa de l’escadron Maine ont réalisé 34 évacuations sanitaires, représentant 180 heures de vol sur les 1100 qu’ils ont effectuées dans l’année. Les appareils ont participé à plusieurs exercices multinationaux notamment l’exercice « Super Garuda Shield », qui a eu lieu en août dernier en Indonésie.

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Charlie René pour Radio 1 Tahiti