Aérien- Polynésie : Avec l'arrivée de son premier avion, Motu Link tout près du décollage

© Motu Link

Aérien- Polynésie : Avec l'arrivée de son premier avion, Motu Link tout près du décollage

Après cinq ans de préparation, de financements et de procédures, Motu Link Airline, nouvelle compagnie spécialisée dans le fret interîle, a accueilli ce vendredi à Tahiti-Faa’a son premier appareil, baptisé Te Hono. Un ATR-500 modifié en version cargo qui doit relier dans un premier temps Raiatea, Bora Bora, Rangiroa, Nuku Hiva et Tubuai, apportant des produits frais ou urgent vers les archipels et ramenant vers Tahiti la production agricole, artisanale ou les produits de la mer des îles. Avant de lancer les opérations, Motu Link et son avion doivent encore obtenir un certificat de l’aviation civile d’État, attendu dans les prochaines semaines. Détails avec notre partenaire Radio 1. 

Toulouse, Le Caire, Mascate, Kochi en Inde, Mattala au Sri Lanka, Banda Aceh puis Lombok en Indonésie, Nouméa… Et enfin Papeete. C’est un long périple que vient de terminer Te hono, le premier ATR de Motu Link Airline. Mais l’équipe de convoyage a eu le droit à un accueil royal à Tahiti – Faa’a : danse, chants, poignées de main avec les investisseurs dans la compagnie ou le président du Pays, et surtout bénédiction œcuménique. C’est l’objectif de la jeune compagnie qui est mis en avant dans les discours : « relier les îles », « mieux connecter les archipels » en proposant des lignes régulières dédiées uniquement au fret.

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Cinq ans de préparation et encore un CTA à obtenir

Pour Motu Link, cette arrivée est celle d’un marathon de cinq années. En 2021, ses fondateurs affirmaient vouloir concurrencer Air Tahiti vers les îles les plus fréquentées,  grâce à un modèle « low cost » assumé. En octobre de la même année, Motu Link obtient sa licence de transporteur aérien, premier sésame avant de pouvoir entrer en activité, et délivré par le Pays pour une activité de transport de passagers et de fret. Mais les deux ATR annoncés n’arriveront pas. Le décollage d’Air Moana, et de nouvelles analyses de marchés, ont poussé les porteurs du projet à se réorienter vers le transport de fret, une idée très bien accueillie par le gouvernement Brotherson à partir de 2023.

 Là encore, les premiers plans – un décollage fin 2024 – sont optimistes, mais la société passe des caps, en obtenant un ajustement et un renouvellement de sa licence, après avoir réussi une levée de fonds participative de 500 millions de francs, une première en Polynésie, pour financer Te Hono, un ATR-500 d’occasion remis à neuf par le constructeur et transformé en version « cargo ». La compagnie aurait voulu s’envoler en fin d’année dernière, entre autres pour profiter de la saison des fêtes et des letchis riche en activité. Ce sera finalement pour ce début d’année : Motu Link n’attendait que son avion pour passer les derniers audits de l’aviation civile d’État et obtenir son Certificat de transport aérien. Cette fois pas de date annoncée, mais les responsables s’attendent à un décollage rapide.

Frais vers les îles, productions locale vers Tahiti

Te Hono peut transporter 8,5 tonnes de fret par vol, dans 75 mètres cubes d’espace. Bien moins qu’une goélette, donc, mais bien plus que la soute d’un avion de transport de passagers. Les activités sont « complémentaires » assurent les responsables de la compagnie qui estiment que leur activité ne pèsera pas réellement sur celle des navires interîles. Avec ses vols réguliers vers Raiatea, Bora Bora, Rangiroa, Nuku Hiva et Tubuai (des aéroports en « libre concurrence », puisque la DSP de Air Tahiti couvre aussi bien le fret que les passagers), Motu Link veut proposer des livraisons plus fréquentes de frais et ultrafrais pour les magasins des îles, mais surtout de nouvelles possibilités d’export vers Tahiti. 

Producteurs agricoles, professionnels de la mer, artisans ou collectivités ont déjà pris contact depuis longtemps avec la compagnie pour pouvoir distribuer plus facilement leurs produits. Motu Link veut aussi proposer ses services aux particuliers, avec une franchise fixée à seulement trois kilos et une tarification au poids et à la nature des produits au delà. Cet ATR n’est, pour la jeune compagnie, qu’une première étape : le président de Motu Link Airline Alexandre Mu a plusieurs fois affiché son ambition de constituer une flotte de 2 ou 3 avions et de multiplier les destinations.

Par Radio 1