Une charte d’engagement a été signée mardi à Bandraboua entre la préfecture, la DGAC et les représentants agricoles pour encadrer l’impact du futur aéroport sur les terres du nord. Elle prévoit des compensations, l’accompagnement des exploitants et le suivi des mesures, alors que le calendrier du projet s’accélère. Un sujet de notre partenaire France Mayotte Matin.
La construction du futur aéroport de Mayotte sur du foncier agricole ne sera pas sans conséquences pour les agriculteurs du nord. C’est dans ce contexte que, mardi, à Bandraboua, une charte a été signée avec les acteurs du monde agricole, la préfecture de Mayotte et la DGAC. Cette charte d'engagement du comité de suivi des mesures agricoles marque une étape décisive dans le projet de construction de l'aéroport de Mayotte.
Ce document stratégique a pour mission d'encadrer l'accompagnement des exploitants agricoles. « On sait pertinemment que ça a un impact sur le monde agricole, étant donné que cela mobilise des hectares dans un secteur qui a un fort potentiel agricole. Donc cela signifie que nous souhaitons associer le monde agricole », explique Christophe Masson, délégué à la piste longue de l'aéroport de Mayotte. Pour Saïd Anthoumani, président de la CAPAM, cette charte est un outil de protection indispensable pour intégrer les revendications des agriculteurs dans les décisions de l'État. « On a pu signer la charte avec les éléments que nous voulions mettre en place », a-t-il souligné.
La charte d'engagement du comité de suivi vise à sécuriser l'avenir des agriculteurs face au chantier de la piste longue. Cet accompagnement garantit la compensation des terres perdues selon le principe du « un pour un », incluant les exploitants sous droit coutumier. L'État finance également la modernisation des pratiques via des serres intensives et des réserves d'eau pour accroître la productivité. Un dialogue permanent permettra d'ajuster ces mesures aux réalités du terrain. « On veut être vigilants sur la compensation », souligne Saïd Anthoumani. Le calendrier s'accélère désormais sur le plan juridique. La Déclaration d'utilité publique (DUP) est attendue avant la fin de l'année 2026, à la suite d’une enquête publique prévue dès cet été.
Parallèlement, une étude d'impact environnementale complète sera finalisée d'ici décembre pour évaluer les effets sur la faune, la flore et les ressources en eau. Les experts précisent que ces analyses, déjà engagées, imposent un suivi rigoureux sur des cycles saisonniers complets afin de capturer l'évolution réelle de la biodiversité locale.
Ce dossier technique, indispensable au démarrage des travaux en 2027, fera l'objet de mises à jour régulières pour intégrer les observations de terrain et les avis des agriculteurs. L'objectif affiché est d'obtenir un avis favorable de tous les acteurs avant de lancer ce chantier stratégique pour le développement de Mayotte.
Anthony Maltret pour France Mayotte Matin





















