Mayotte : La SIDEVAM et le Département mobilisés pour coordonner la politique de gestion des déchets

© Département de Mayotte

Mayotte : La SIDEVAM et le Département mobilisés pour coordonner la politique de gestion des déchets

La gestion des déchets s’impose comme un enjeu majeur à Mayotte, dans un contexte de forte pression environnementale et d’évolution rapide des volumes. Réunis ce 22 avril à l’hémicycle Bamana, les acteurs publics et techniques ont affiché une volonté commune : structurer une politique plus cohérente, fondée sur la prévention, le tri et la valorisation, afin de sortir d’un modèle encore largement dominé par l’enfouissement. Précisions avec notre partenaire France-Mayotte Matin. 

Deux cadres structurants ont été au cœur des échanges : le PRPGD, piloté par le DépartementRégion de Mayotte, et le PLPDMA, porté par les instances de gestion des déchets. « C’est un document opérationnel qui met en place des plans d’actions organisés et réfléchis pour pouvoir réduire les déchets à Mayotte », explique Houssamoudine Abdallah, président du Sidevam. « On a fait le choix de les travailler ensemble », ajoute-t-il, soulignant la nécessité d’une approche coordonnée pour gagner en efficacité. 

Les objectifs affichés reposent sur la prévention, la réduction des déchets et la mise en œuvre d’actions concrètes dans les années à venir. « Au Sidevam, nous avons choisi des actions très pratiques comme le compostage », précise-t-il. Dans un territoire où la part organique est majoritaire, « 80 % des déchets n’ont pas forcément leur place dans le site d’enfouissement » et « 35 % des déchets pourraient être compostés », ce qui en fait un levier prioritaire. 

La situation reste toutefois tendue. Depuis le passage du cyclone Chido, les volumes de déchets ont augmenté d’en- viron 9 %, accentuant les limites des infrastructures existantes. « Il faut revoir notre manière de fonctionner. Il y a beaucoup de déchets recyclables », insiste Ali Omar, 3e viceprésident de l’Assemblée de Mayotte. « On ne peut pas tout enfouir, il faut trouver d’autres solutions de recyclage » et « mutualiser les moyens pour que l’on soit efficace ». Parmi les leviers identifiés figurent le développement des infrastructures, l’économie circulaire, la sensibilisation de la population, la coordination entre acteurs publics et privés et la constance des politiques publiques. 

La question des équipements reste centrale : « On a besoin de sept déchetteries. On a le foncier, maintenant il faut déployer les études et les travaux », indique Houssamoudine Abdallah, évoquant des chantiers qui pourraient débuter « d’ici un an ». 

À plus long terme, un projet de valorisation énergétique des déchets est envisagé, avec un investissement estimé à 200 millions d’euros en partenariat avec EDM, afin de produire de l’électricité à partir de déchets non recyclables. 

Au-delà des dispositifs techniques, les acteurs insistent sur l’implication des habitants. « Nous devons travailler avec la population », rappelle le président du Sidevam. Dans un territoire en reconstruction, la gestion des déchets apparaît désormais comme un enjeu collectif structurant.

Par France-Mayotte Matin