En 2025, la Banque des Territoires a fortement accéléré son action à Mayotte pour répondre aux urgences post-cyclone. Avec 180 millions d’euros de prêts accordés, dont la quasi-totalité déjà versée, l’établissement public a soutenu massivement collectivités, bailleurs et opérateurs essentiels, marquant une année sans précédent. Un sujet de notre partenaire France Mayotte Matin.
L’année 2025 restera comme un tournant pour la Banque des Territoires à Mayotte. Dans un contexte de reconstruction après le cyclone, l’établissement public, dirigé régionalement par Nicolas Blanc, a déployé un niveau d’intervention inédit pour accompagner les acteurs du territoire.
Au total, 180 millions d’euros de prêts ont été accordés, dont 175 millions déjà versés sur les comptes des bénéficiaires au 31 décembre 2025. « Ce ne sont pas seulement des engagements, mais des financements effectivement mobilisés », souligne Nicolas Blanc.
En comparaison, 2024 constituait déjà une année exceptionnelle avec 100 millions d’euros prêtés. Ce volume record s’explique par la mise en œuvre du « prêt reconstruction », dispositif phare destiné aux collectivités, établissements publics et bailleurs sociaux. D’une durée de 30 ans, il prévoit un différé total de remboursement pendant cinq ans, sans capital ni intérêts, avant un taux stabilisé autour de 2,1 %.
Les financements ont permis de répondre aux besoins les plus urgents : remise en état du réseau électrique, rénovation des bâtiments publics, travaux de voirie ou encore reconstruction de logements. Électricité de Mayotte a ainsi bénéficié de 83 millions d’euros, tandis que de nombreuses communes comme Sada, Bandrélé, Mamoudzou ou Bandraboua ont été accompagnées.
Au-delà de la reconstruction, la Banque des Territoires a poursuivi son engagement sur les enjeux structurels du territoire. Un prêt de 20 millions d’euros a été accordé pour une unité de dessalement au LEMA, tandis que des études ont été financées sur la gestion des déchets et la valorisation énergétique au SIDEVAM.
Pour Nicolas Blanc, l’objectif reste double : « accompagner les services publics essentiels et soutenir l’attractivité économique du territoire ». Des investissements sont ainsi engagés dans des projets structurants dans le secteur, notamment en Petite-Terre pour la construction d’un projet hôtelier.
En 2026, la dynamique devrait se poursuivre avec un accent sur la construction scolaire, alors que les besoins sont estimés à 1 800 salles de classe, ainsi que sur l’aménagement de la ZAC de Tsararano. Le prêt reconstruction restera mobilisable pendant trois ans.
Anne-Constance Onghéna pour France Mayotte Matin





















