À l’approche de la clôture du recensement de la population à Mayotte, le président de l’Association des maires de l’île, Madi Madi Souf, a saisi le préfet pour demander une prolongation des opérations. Il estime que les conditions actuelles ne permettent pas d’atteindre un recensement fidèle de la population. Un sujet de notre partenaire France Mayotte Matin.
À dix jours de la fin officielle des opérations, fixée au 10 janvier 2026, le président de l’Association des maires de Mayotte a adressé, le 30 décembre 2025, un courrier au préfet afin de demander une prolongation du recensement de la population. Un sujet de notre partenaire France Mayotte Matin.
Au nom des maires et des présidents d’intercommunalités, Madi Madi Souf alerte sur « les risques avérés de ne pas aboutir à un recensement exhaustif de la population, avec toutes les conséquences négatives que cela impliquerait pour le territoire ».
Dans son courrier, le président de l’Association des maires décrit une situation de terrain complexe. Il souligne d’abord « un taux de vacance élevé constaté sur de nombreux logements », conséquence directe du départ en vacances hors de l’île de nombreux habitants, rendant leur recensement impossible dans les délais prévus.
Madi Madi Souf fait également état d’un climat de défiance marqué. Selon lui, « de nombreuses personnes refusent de se faire recenser, prétextant que personne n’est venue les aider pendant le cyclone et que les élus n’ont distribué les aides Chido qu’aux étrangers ».
Il mentionne aussi le cas de certains agents publics affectés temporairement à Mayotte, qui estiment « qu’ils n’ont pas d’intérêt à se faire recenser, car étant juste de passage pour quelques années seulement sur le territoire », allant jusqu’à refuser l’accès de leur logement aux agents recenseurs.
La situation est décrite comme particulièrement préoccupante dans certains quartiers informels, où « les étrangers vivant dans les bidonvilles menacent carrément les agents recenseurs avec des machettes », exposant ces derniers à des risques sécuritaires importants.
Face à l’ensemble de ces difficultés, le président de l’Association des maires de Mayotte demande « la prolongation de la durée du recensement de deux semaines supplémentaires », afin de permettre aux personnes absentes de se faire recenser et de « trouver les voies et moyens adaptés pour pallier les autres aspects évoqués ».
À Mayotte, où le recensement a débuté au mois de novembre 2025, la qualité des données collectées conditionne directement les dotations de l’État, la programmation des équipements publics, les politiques de logement et l’organisation des services communaux.
Pour les collectivités, disposer d’un recensement au plus près de la réalité démographique constitue un enjeu majeur pour adapter l’action publique aux besoins du territoire.
Anthony Maltret pour France Mayotte Matin























