La Réunion : Bras-Panon accélère le développement de la filière fruit à pain pour le territoire

© Ville de Bras-Panon

La Réunion : Bras-Panon accélère le développement de la filière fruit à pain pour le territoire

À l’occasion de la 46e Foire agricole de Bras-Panon, une nouvelle étape a été franchie dans le développement de la filière fruit à pain à La Réunion. Mardi 12 mai 2026, une déclaration d’intention a été signée entre plusieurs partenaires institutionnels et économiques afin de structurer cette production dans le cadre du Projet alimentaire territorial (PAT) de la commune.


Parmi les signataires figurent la commune de Bras-Panon, la Chambre d’agriculture de La Réunion, la Chambre de commerce et d’industrie, la Chambre de métiers et de l’artisanat, le Conseil départemental, l’Association pour le développement industriel de La Réunion (ADIR) ainsi que la coopérative Pro Vanille.

L’objectif affiché est de faire du fruit à pain une filière agricole à part entière, tout en poursuivant la diversification des cultures locales. Les partenaires souhaitent également développer des outils de transformation et de valorisation des productions agricoles, notamment à travers la création d’un laboratoire de transformation végétale et d’une boutique de producteurs.

Lors de cette journée, les premiers jeunes arbres à pain ont été remis à des agriculteurs de Bras-Panon. Ces plants proviennent de vitroplants offerts par la Polynésie française en octobre dernier. Après plusieurs mois de culture dans la pépinière communale, ils sont désormais prêts à être plantés.

Au total, 1.250 microplants issus de Polynésie ont été introduits sur l’île. Une première vague de 900 plants doit être répartie entre une trentaine d’agriculteurs. Selon les porteurs du projet, 1.250 nouveaux microplants devraient également arriver de Polynésie française au cours du prochain semestre.

Les responsables du projet soulignent que les variétés polynésiennes sélectionnées présentent des caractéristiques adaptées à la transformation alimentaire. La variété « Rajé », choisie parmi les nombreuses variétés existant à Tahiti, contient peu de graines et une chair abondante, ce qui la rend particulièrement adaptée à la fabrication de produits transformés comme la farine sans gluten, les chips ou les frites.

Le fruit à pain, introduit à La Réunion à la fin du XVIIIe siècle par le botaniste Joseph Hubert de Montfleury, fait déjà partie du patrimoine alimentaire réunionnais. Toutefois, les acteurs de la filière estiment que cette culture a progressivement perdu de son importance au profit d’autres produits de consommation comme le riz.

Pour les institutions engagées dans le projet, le développement de cette filière répond à plusieurs enjeux : diversification agricole, autonomie alimentaire et valorisation des productions locales. Le fruit à pain est également mis en avant pour ses qualités nutritionnelles, notamment son faible index glycémique et sa richesse en fibres.

Les premiers fruits sont attendus d’ici deux à deux ans et demi après la plantation des jeunes arbres. À maturité, chaque arbre pourrait produire entre 200 et 250 kilos de fruits par an. Selon le maire de Bras-Panon, la production pourrait atteindre environ 500 tonnes de fruits à pain à valoriser dans les trois prochaines années.

Un accompagnement technique est également prévu avec l’appui des partenaires polynésiens. Des formations et un suivi des pratiques culturales doivent permettre d’encadrer le développement de cette nouvelle filière agricole réunionnaise.