La proposition de loi sur les enfants réunionnais « de la Creuse » examinée au Sénat le 16 juin

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La proposition de loi sur les enfants réunionnais « de la Creuse » examinée au Sénat le 16 juin

La conférence des présidents de groupes du Sénat a inscrit la proposition de loi sur les enfants réunionnais transplantés dans l’Hexagone le 16 juin prochain. Portée par la députée Karine Lebon qui obtenu son adoption à l’unanimité à l’Assemblée nationale, il sera porté en chambre haute par la sénatrice Viviane Malet.

« Nous voyons enfin aboutir des décennies de combat mené par les survivants, leurs familles et les associations. Cette avancée est le fruit d’un travail collectif et transpartisan, porté avec constance et dignité par celles et ceux qui ont refusé l’oubli », ont salué Karine Lebon et Viviane Malet dans un communiqué.

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La Conférence des présidents du Sénat a décidé d’inscrire ce texte en séance publique le 16 juin prochain, quelques mois après son adoption à l’unanimité par l’Assemblée nationale le 28 janvier dernier. Viviane Malet a été nommée rapporteure par la commission des affaires sociales du Sénat ce mercredi 13 mai. Le texte passera en commission le 8 juin.

Le texte vise à réparer les préjudices causés par la transplantation de plus de 2 000 mineurs de La Réunion en France hexagonale entre 1962 et 1984, principalement des départements ruraux. Cette politique visait officiellement à répondre au doublement de la population réunionnaise en trente ans et à repeupler des zones rurales.

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« On leur disait : votre enfant reviendra vous voir tous les ans et il reviendra avocat, médecin, pilote. Évidemment, il n'en était pas question », avait rappelé Karine Lebon. « Arrachés à leur famille et à leur île », ces enfants ont été confrontés à un « choc culturel, linguistique et climatique », et parfois au racisme, à la discrimination et aux mauvais traitements.

Karine Lebon et Viviane Malet « rappellent que l’unanimité obtenue à l’Assemblée nationale traduit une reconnaissance désormais largement partagée de cette tragédie de l’histoire réunionnaise et de la nécessité d’apporter une réponse politique, mémorielle et réparatrice ».

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« Au-delà des sensibilités politiques, cette proposition de loi porte une exigence de justice et de reconnaissance. Nous avons la responsabilité collective d’aboutir rapidement afin que les survivants et leurs familles puissent enfin obtenir la réparation attendue depuis tant d’années », ont conclu les parlementaires réunionnaises, appelant aussi à « un vote conforme du Sénat afin de permettre une entrée en vigueur rapide de cette mesure de réparation ».