Déployé dans l'océan indien, le Dixmude enchaîne patrouilles, formation et missions autour de Mayotte

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Déployé dans l'océan indien, le Dixmude enchaîne patrouilles, formation et missions autour de Mayotte

Le porte-hélicoptères amphibie Dixmude est actuellement déployé dans les eaux mahoraises dans le cadre de la mission Jeanne d’Arc. À son bord, 200 marins et près de 160 élèves officiers participent à des missions de formation et d’opérations dans l’océan Indien. Précisions avec notre partenaire France-Mayotte Matin.

 

« La venue du Dixmude, c’est l’expression de la souveraineté de la France à Mayotte. » Le préfet François-Xavier Bieuville insiste sur la portée de cette escale, qualifiée de « signal extrêmement important ». La présence du porte-hélicoptères amphibie illustre, selon lui, la capacité de la France à affirmer ses intérêts et à se projeter rapidement dans l’océan Indien. À bord, le capitaine de vaisseau Jocelyn Delrieu met en avant la réalité humaine du bâtiment. « J’ai la chance de commander un équipage de 200 marins de toutes spécialités », explique-t-il, précisant que « parmi eux, une quinzaine sont d’origine mahoraise ». Un équipage « jeune », avec « une moyenne d’âge entre 27 et 28 ans », composé de « nombreux ultramarins qui nous rejoignent pour servir leur pays, pour quelques années ou plus longtemps ». 

Le Dixmude est engagé dans la mission Jeanne d’Arc, décrite comme « une mission à la fois de formation et opérationnelle ». À son bord, « près de 160 élèves officiers » suivent un déploiement de cinq mois. « Cette mission leur apprend le métier », souligne le commandant, avant leur intégration dans leurs premières unités. 

Sur le plan opérationnel, le commandant rappelle que le bâtiment est engagé « en protection de nos intérêts » dans le sud de l’océan Indien, notamment autour des territoires ultramarins comme Mayotte et La Réunion. 

Le Dixmude doit ainsi poursuivre ses patrouilles dans les espaces de souveraineté française, avant de rejoindre La Réunion pour participer à l’exercice Papangue. Le déploiement se poursuivra ensuite vers les détroits indonésiens, puis en coopération avec l’Inde, présentée comme « un partenaire stratégique » dans la zone. 

Le Dixmude a également été engagé dans l’opération européenne Atalanta, « une opération de sécurité maritime qui vise à protéger le trafic contre les activités illicites en mer ». « Nous ne naviguons pas seuls », précise le commandant, évoquant la présence d’une frégate d’escorte « actuellement en patrouille au large ». Au-delà des missions militaires, l’escale a aussi une portée locale. « Avec la Marine nationale, on a fait en sorte de permettre à de jeunes Mahorais de monter à bord », indique le préfet. Une opportunité « de visiter ce bateau, de se sensibiliser à la chose militaire » et « peut-être d’initier des vocations » au sein de la jeunesse du territoire. Avant de prendre la direction de La Réunion, le Dixmude effectuera des missions dans les eaux mahoraises, notamment aux côtés du 5e Régiment étranger.

Des jeunes et des élèves mahorais découvrent les capacités d'un porte-hélicoptère lors d'une visite exceptionnelle

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Impressionnant par ses dimensions et ses capacités, le Dixmude a offert une immersion rare à des jeunes et volontaires lors de son escale du 19 mars. Entre découverte des équipements militaires, démonstrations et échanges avec l’équipage, la visite a permis de mieux comprendre les missions de la Marine nationale Le porte-hélicoptères amphibie Dixmude a marqué les esprits lors de son escale, jeudi 19 mars, dans le cadre de la mission Jeanne d’Arc. 

Le bâtiment de la Marine nationale a ouvert ses portes à des groupes invités, notamment des volontaires du RSMA, des élèves des classes de défense et de seconde professionnelle aéronautique, des étudiants de Sciences Po, ainsi que de jeunes sapeurs-pompiers et des cadets de la gendarmerie. Dès l’entrée à bord, le changement d’échelle est immédiat. Dans les hangars, les visiteurs progressent entre véhicules blindés, hélicoptères et équipements militaires, au plus près des installations. Certains prennent place dans les cockpits, d’autres observent les engins de débarquement ou les dispositifs présentés par les militaires. L’ensemble donne à voir concrètement ce que signifie une projection de force. « Tous les véhicules présents peuvent être projetés via des engins amphibies », explique un militaire. Conçus pour résister à un débarquement, ces équipements peuvent évoluer en milieu aquatique avant d’atteindre la terre. 

Au fil de la visite, les échanges avec l’équipage permettent de mieux saisir l’étendue des missions. Le Dixmude ne se limite pas à une fonction offensive. Capable de mettre en œuvre des hélicoptères, d’assurer un rôle de commandement ou encore de mener des évacuations d’urgence, il intervient aussi en soutien humanitaire. « On peut intervenir après un cyclone ou dans des zones en crise, avec du matériel médical, des vivres et des ressources pour soutenir une population », précise un militaire. « On nous appelle le couteau suisse », résume-t-il. Parti de Toulon le 17 février, le bâtiment a déjà traversé le canal de Suez et la mer Rouge, avec des escales en Égypte et au Kenya. « Il y a quelques jours, nous étions en mission de lutte contre la piraterie », indique un membre d’équipage, rappelant la présence française sur les routes maritimes. À bord, l’intérêt des jeunes visiteurs est palpable. Sullivan, élève en seconde aéronautique, confie avoir « beaucoup aimé visiter le porte-hélicoptère » et se dit conforté dans son projet professionnel : « Ça donne envie de s’engager dans l’armée de l’air ». Comme lui, nombreux sont ceux qui ont pu manipuler les équipements ou monter à bord des appareils, rendant l’expérience concrète. La venue d’un bâtiment de cette envergure reste rare dans le territoire. 

Aux côtés du Mistral et du Tonnerre, le Dixmude fait partie des trois portehélicoptères amphibies français, capables d’intervenir rapidement sur de multiples théâtres d’opérations.

Par France-Mayotte Matin