Santé mentale des jeunes ultramarins : l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire lance un appel à projet

Santé mentale des jeunes ultramarins : l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire lance un appel à projet

À l’heure où l’État a décidé de poursuivre en 2026 la Grande cause nationale dédiée à la santé mentale, instaurée au début de l’année 2025, un appel à projets intitulé « Agir en faveur de la santé mentale des jeunes Ultramarins » vient d’être publié. Pilotée par l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP), cette initiative est portée par le Fonds d’expérimentation pour la jeunesse (FEJ) en partenariat avec la Direction générale des Outre-mer (DGOM) et la Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (DGESIP). Objectif : soutenir et expérimenter des dispositifs novateurs visant à promouvoir et renforcer la santé psychique des jeunes Ultramarins.

L’État des lieux de la santé mentale des jeunes en Outre-mer est accablant. Selon l’INJEP, « Les données disponibles mettent en évidence une prévalence particulièrement élevée des troubles dépressifs parmi les jeunes Ultramarins. En effet, 52% des jeunes en Guyane, 44% en Martinique et 43% à Mayotte présentent des symptômes dépressifs, des proportions sans équivalent dans les régions hexagonales, où les taux s’échelonnent entre 19% en Bourgogne-Franche-Comté et 28% en Provence-Alpes-Côte d’Azur ».

De nombreuses études corroborent ces chiffres. Par ailleurs, le cahier des charges de l’appel à projets de l’INJEP relève l’importance des déterminants économiques, sociaux et environnementaux dans l’apparition des vulnérabilités psychiques. Les exemples sont légion : un habitant sur trois environ vit sous le seuil de pauvreté en Guadeloupe, à La Réunion et en Guyane. À Mayotte, cela concerne près de trois habitants sur quatre. Les taux de pauvreté des territoires d’Outre-mer sont deux à cinq fois supérieurs à ceux de l'Hexagone. Le chômage des 15-29 ans est supérieur à 35% en Guadeloupe et à La Réunion, et atteint près de 50% à Mayotte.

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Mais les situations de détresse psychique dans les Outre-mer ne sont pas une fatalité. Ainsi les initiateurs de l’appel à projet articulent celui-ci autour de deux axes. Le premier entend « lutter contre les stéréotypes, comprendre et accompagner la santé mentale des jeunes Ultramarins », en soutenant des actions dédiées à la déconstruction des préjugés et à la communication bienveillante autour de la santé psychologique, en renforçant la prévention et la détection de la souffrance mentale, et en garantissant l’accès aux droits ainsi qu’aux dispositifs d’écoute et de soins.

Le deuxième axe de travail ambitionne de « prévenir et rompre l’isolement géographique, social et culturel des jeunes Ultramarins en agissant sur les déterminants sociaux, éducatifs et psychologiques de leur réussite et de leur bien-être ». Il s’agit notamment d’accompagner ces jeunes dans leurs itinéraires sociaux, de formation et professionnels, que ce soit au sein de leurs territoires, ou en situation de mobilité dans l’Hexagone afin de limiter la solitude et les ruptures de parcours.

L’appel à projets s’adresse à tous les acteurs associatifs — en particulier les structures de jeunesse et d’éducation populaire, ainsi que celles impliquées dans l’accompagnement d’équipes en santé mentale — mais aussi aux collectivités territoriales, aux structures éducatives, aux établissements d’enseignement publics ou privés, de l’école primaire à l’enseignement supérieur, ainsi qu’aux établissements publics de santé.

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« Il s’applique à l’ensemble des porteurs de projets implantés dans les départements et régions d’Outre-mer ou en France hexagonale, sous réserve que les dispositifs développés dans ce cadre soient effectivement déployés et mis en œuvre sur les territoires ultramarins », précise l’INJEP. Les publics visés sont essentiellement les jeunes et jeunes adultes de 12 à 25 ans, les professionnels (santé, social…), ainsi que les bénévoles et acteurs de terrain. Les projets retenus débuteront en septembre 2026 pour une durée de trois ans. Une enveloppe globale de 2,5 millions d’euros est allouée aux programmes.

La date limite de dépôt des dossiers de candidature pour les structures souhaitant développer un dispositif expérimental en faveur de la santé mentale des jeunes Ultramarins est fixée au 12 mars 2026 à 23h59 (heure de Paris) Modalités et envoi des candidatures ici

PM

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