Le XV de France a conservé son titre en s'imposant à la dernière seconde (48-46) face à l'Angleterre samedi au Stade de France, sur une pénalité de Thomas Ramos, remportant un deuxième Tournoi des six nations d'affilée. Le Réunionnais Louis Bielle-Biarrey a également marqué la rencontre en inscrivant quatre essais et a été élu joueur du match.
Victorieux avec six essais, dont un quadruplé du Réunionnais Louis Bielle-Biarrey -élu homme du match (voir ci-dessous), contre sept pour les Anglais, les hommes de Fabien Galthié (21 pts) remportent ce Tournoi devant l'Irlande (19 pts), qui s'était imposée en début d'après-midi face au XV du Chardon à Dublin (43-21).
L'Ecosse finit 3e avec 16 points, devant l'Italie (9 pts), l'Angleterre (8 pts) et les Gallois (6 pts), qui ont remporté leur première victoire dans le Tournoi depuis 2023 en s'imposant 31-17 face aux Italiens à Cardiff. Avec quatre défaites, le XV de la Rose signe sa plus mauvaise performance depuis sa cuillère de bois, en 1976, quand l'épreuve n'accueillait que cinq équipes, bien avant l'arrivée de l'Italie en 2000.
« Gagner deux titres d'affilée, c'est quelque chose », a insisté Fabien Galthié après la rencontre. « Je ne vais pas bouder mon plaisir », a-t-il ajouté, reconnaissant cependant qu' « il y aura beaucoup de choses à revoir sur le plan tactique, technique. Mais il nous reste encore un tournoi (avant le Mondial 2027 en Australie) pour être encore meilleurs ».
KO debout après la claque à Edimbourg (50-40) et ces sept essais encaissés, les Bleus savaient au coup d'envoi qu'une simple victoire, même sans bonus, était suffisante pour oublier ce cauchemar et gagner le Tournoi. Et ils l'ont donc fait, pour les 120 ans du « crunch », face à une équipe d'Angleterre qui était elle aussi revancharde après trois défaites d'affilée, dont le premier revers de son histoire contre l'Italie (23-18).
Mais que ce fut dur. Et le sélectionneur anglais Steve Borthwick a peut-être sauvé sa tête, après avoir vu son équipe pousser le XV de France dans ses retranchements.
Bien lancés par deux essais de LBB, le TGV de l'UBB (7e et 13e minutes), sur des passes au pied en profondeur de Ramos puis Jalibert, les Français semblaient avoir pris la rencontre par le bon bout. Mais à chaque fois les Anglais ont répliqué, par leurs ailiers Roebuck (10e) et Murley (19e), avant de prendre le large, sur deux pénaltouches, avec le flanker Chessum d'abord (26e), puis le deuxième ligne Coles (34e).
Ramos, comme en 2024
Et c'est sans doute le carton jaune au pilier Ellis Genge, pour avoir écroulé un maul bleu, après la sirène de la première mi-temps, qui a fait basculer la rencontre, offrant un essai de pénalité au XV de France.
Avec trois points de retard seulement à la pause (24-27), et à 15 contre 14, l'équipe de France a ensuite puni le XV de la Rose, avec le troisième essai du jour de Bielle-Biarrey (42e), puis celui de l'ailier palois Théo Attissogbe (49e), sur une pénalité jouée vite à la main par Antoine Dupont.
Dans leur maillot collector au bleu délavé, référence à ce premier « crunch » de l'histoire, joué et perdu contre les Anglais 35-8 le 22 mars 1906 au Parc des Princes, Antoine Dupont et ses partenaires ont pourtant encore laissé leurs adversaires revenir dans le match. Et les Anglais ont même repris une longueur d'avance (38-39), avec un nouvel essai de Chessum (51e), en interceptant une passe de Jalibert, puis de Marcus Smith sur son premier ballon (57e).
Et c'est une nouvelle fois « LBB » qui a frappé, avec son 4e essai du soir, son 29e en 27 sélections, au bout d'une passe au pied en profondeur de Dupont encore. Le 30e des Bleus dans ce Tournoi, qui ont donc égalé le record établi par une équipe en un tournoi qu'ils avaient établi l'an dernier.
Puis c'est Ramos qui a sauvé le pays, après la sirène, sur une ultime pénalité, alors que les Anglais avaient repris la tête une nouvelle fois (45-46) sur un essai de leur centre Freeman (77e). De 45 mètres, l'arrière Toulousain n'a pas tremblé, offrant un succès qui semblait perdu, comme il y a deux ans à Lyon, quand il avait aussi frappé à la 80e minute contre ces mêmes Anglais (33-31).
Cerise sur le gâteau pour le XV de France, avec ce Tournoi 2026 et ce doublé jamais réalisé par les Bleus depuis 2006-2007, c'est le huitième trophée des Six nations qu'ils pourront exhiber à Marcoussis. Un de plus que les Anglais et deux de plus que les Irlandais et les Gallois.
« On va profiter de cette victoire, mais par contre pour la suite, il va falloir se dire les choses », a cependant tempéré Ramos, le héros de la soirée : « A ce niveau-là on ne peut pas prendre 50 points (en Ecosse) puis plus de 40 points (contre l'Angleterre). Si on veut exister dans les grandes compétitions, avec autant d'essais encaissés ça sera sans nous. »
Louis Bielle-Biarrey, un quadruplé pour l'histoire Auteur d'un quadruplé contre les Anglais, la fusée réunionnaise Louis Bielle-Biarrey a propulsé le XV de France vers un deuxième titre consécutif dans le Tournoi, aucun adversaire n'ayant encore trouvé la parade à l'ailier français. Certes, il n'a pas marqué les trois points après la sirène de Thomas Ramos, qui ont donné le gain du Tournoi aux Bleus (48-46), après plusieurs minutes d'attente interminables. Mais sans ses quatre essais, les Bleus n'auraient pas suivi le rythme des Anglais, qui ont marqué sept fois. Les superlatifs manquent pour l'ailier au casque rouge tant les chiffres donnent le tournis : comme lors de l'édition 2025, il a marqué au moins un essai lors de chacun des cinq matches, qu'il a disputés en intégralité. Un nouveau « Grand chelem d'essais » qui coïncide avec deux titres consécutifs pour la France, ce qui n'était pas arrivé depuis 2006-2007. Au total, « LBB » en a marqué neuf dans cette édition, nouveau record du Tournoi. Ses huit essais de la saison passée avait égalé le record de l'Anglais Cyril Lowe en 1914 et de l'Ecossais Ian Smith en 1925 (Cinq nations à l'époque). « Si j'ai battu le record mais qu'on ne gagne pas ça ne sert à rien. Honnêtement, ce que je dis souvent, c'est que c'est les titres collectifs les plus importants. Vous voyez bien les émotions que ça procure », a évacué LBB en zone mixte après le match. Il n'a pas fallu longtemps samedi pour démarrer son festival, en marquant les premiers points du match à la cinquième minute. Un essai déjà vu à multiples reprises, mais à la technique imparable : un petit ballon dans le dos de la défense, donné par Ramos dans le bon timing, et LBB prenant à revers la défense pour s'en aller dans l'en-but. Son doublé est dans un style similaire (13e), avec cette fois l'ouvreur Matthieu Jalibert en guise de passeur décisif dans une action de première main, après une mêlée. Et le joueur de l'Union Bordeaux-Bègles de prendre encore une fois soin d'aplatir le plus possible derrière les poteaux pour faciliter la transformation. « Ça a été un poison pour les Anglais. Sa vitesse, elle est vraiment phénoménale. Donc, si tu lui mets le ballon dans l'espace, généralement, c'est le casque rouge qui va marquer », a mis en avant Matthieu Jalibert après le match. Le troisième est caractéristique d'un allier, profitant en début de deuxième période du surnombre dû à une infériorité numérique anglaise. Le dernier porte la patte d'un sprinteur, en chassant un ballon rasant avant de le prolonger au pied. Meilleur marqueur bleu dans le Tournoi Son compteur en bleu est stratosphérique : en seulement 27 sélections, il en est à 29 essais, soit le sixième meilleur marqueur de l'histoire des Bleus. Samedi, il a dépassé Emile Ntamack et Philippe Bernat-Salles (26). Et il n'a que 22 ans. Le record de Damian Penaud (40) se rapproche très vite d'autant plus que l'ailier a été laissé de côté pendant toute la compétition par Fabien Galthié. Dans le Tournoi, LBB a désormais marqué 18 essais, meilleur marqueur français devant... Penaud. Depuis la fin du Mondial, il n'a manqué qu'un match du Tournoi pour blessure, en 2024. Il n'a pas participé aux tournées d'été car occupé par les saisons à rallonge avec l'UBB, finaliste du Top 14 lors des deux saisons précédentes. Alors que les recommandations internationales sont autour de 20-25 matches par saison, lui en a disputé 31 en 2023-2024, 30 la saison passée et déjà 22 à ce stade. « Quand on gagne, on se sent toujours mieux. J'aurai les vacances quand je les aurai », a souri LBB. Malgré l'enchaînement des matches, LBB a trouvé le moyen de progresser dans un domaine qui lui avait fait mal - et aux Bleus - lors du Mondial-2023, le jeu en l'air, grâce à une meilleure lecture et une course d'élan amélioré pour être au rebond. « Je trouve que les essais, c'est assez anecdotique. On est des ailiers. On est là pour marquer aussi (...) Il y a aussi plein d'autres aspects du jeu », a-t-il souligné. |
Avec AFP





















