Résurgence du chikungunya en Guyane : la HAS recommande le vaccin Vimkunya pour les plus vulnérables

Résurgence du chikungunya en Guyane : la HAS recommande le vaccin Vimkunya pour les plus vulnérables

Face à une réémergence du chikungunya en Guyane, la Haute autorité de santé a recommandé mardi d'utiliser le vaccin Vimkuya (Bavarian Nordic) pour vacciner les plus vulnérables, les personnes de 65 ans et plus et celles de 12-64 ans avec des comorbidités.

Depuis janvier, le virus de cette maladie circule et se diffuse progressivement sur ce territoire d'Outremer (81 cas confirmés au 9 avril). 

Or, dix ans après la dernière épidémie majeure, la part de la population immunisée reste insuffisante pour assurer une protection collective et il existe un risque d'épidémie, qui expose surtout les plus vulnérables à une forme grave, note la HAS dans un communiqué.

Vu cette « réémergence », la HAS, sollicitée par le ministère de la Santé, a élaboré des recommandations vaccinales au vu des dernières données, notamment de sécurité, pour les vaccins ayant une autorisation de mise sur le marché (Ixchiq de Valneva, Vimkunya de Bavarian Nordic).

Après évaluation, cette autorité préconise d’utiliser Vimkunya chez les plus vulnérables face au chikungunya : les personnes de 65 ans et plus, ainsi que celles de 12 à 64 ans avec comorbidités (cancer, diabète, maladies cardiovasculaires, auto-immunes, hématologiques, hépatiques chroniques, rénales chroniques...).

Pour les femmes enceintes ou allaitantes, ce vaccin n'est pas recommandé « en l'absence de données » pour cette catégorie, mais il n'est pas contre-indiqué vu sa composition et peut être proposé, au cas par cas, après examen bénéfices-risques approfondi, précise la HAS. 

Et Vimkunya peut être proposé aux 12-64 ans sans comorbidités, ajoute l'autorité, mais en tenant compte de la durée de protection documentée limitée à six mois et de l'absence de données chez les immunodéprimés ou immunodéficients.

Quant au vaccin Ixchiq, la HAS indique, qu’ « en raison de données de sécurité insuffisantes, il ne peut être proposé qu’aux 18-64 ans et après un examen approfondi des bénéfices et des risques individuels ». Pour les 65 ans et plus, elle maintient la suspension décidée il y a près d'un an après des effets indésirables graves. 

L'UE a ré-autorisé Ixchiq en juillet 2025, jugeant que ces effets ne remettaient pas en cause son intérêt contre une maladie à risque accru chez les plus âgés. Mais la France a annoncé qu'il restait contre-indiqué aux seniors, en attendant une nouvelle évaluation en 2026. Ixchiq reste aussi contre-indiqué aux immunodéprimés, et non recommandé aux femmes enceintes ou allaitantes, a indiqué la HAS mardi.

« Dans les prochaines semaines », l'autorité mettra à jour, sur demande gouvernementale, ses recommandations concernant Mayotte et La Réunion, selon le communiqué. Et elle travaille sur une stratégie vaccinale pour l’ensemble de la France, attendue « dans les prochains mois ».

Avec AFP