Dans un communiqué, l’ACCD’OM a exprimé sa ferme opposition à la réduction drastique des contrats aidés de type Parcours Emploi Compétences (PEC) annoncée par les services de l’État à La Réunion. L’association exprime également sa vive inquiétude sur de possibles annonces similaires à venir dans les 4 autres DROM. Le communiqué ci-dessous.
Dans les territoires ultramarins, les PEC ne constituent pas un simple dispositif d’insertion parmi d’autres. Ils sont un levier essentiel de cohésion sociale, un outil d’accès à l’emploi pour des publics durablement éloignés du marché du travail, et un soutien indispensable au fonctionnement quotidien des services publics locaux.
Une décision déconnectée des réalités ultramarines
Alors que nos territoires font face à des taux de chômage structurellement plus élevés, notamment chez les jeunes, cette réduction brutale intervient sans prise en compte des spécificités économiques, sociales et démographiques des Outre-mer. Appliquer une logique uniforme à des réalités profondément différentes revient à fragiliser davantage des équilibres déjà précaires. Un risque immédiat pour les services publics de proximité
Dans de nombreuses communes ultramarines, les agents en PEC assurent des missions essentielles : accompagnement dans les écoles, animation périscolaire, médiation sociale, appui aux services techniques.
La baisse annoncée des financements entraînera mécaniquement :
- une désorganisation des services publics de proximité,
- une dégradation de la qualité du service rendu à la population,
- et une mise en difficulté accrue des collectivités, déjà fortement contraintes budgétairement.
Un impact social majeur
Au-delà des collectivités, cette décision affectera directement des milliers de bénéficiaires pour lesquels le PEC représente souvent une première expérience professionnelle, un cadre structurant et une perspective d’insertion. Sa réduction massive risque d’entraîner une hausse brutale de la précarité, en particulier chez les jeunes et les publics les plus vulnérables.
Les élus ultramarins appellent à une réponse différenciée
L’Association rappelle avec force que le principe d’égalité réelle impose des politiques publiques adaptées et différenciées. Les PEC, dans les Outre-mer, doivent être considérés non comme une variable d’ajustement budgétaire, mais comme un investissement stratégique dans la stabilité sociale et le développement des territoires.
Face à cette situation, les élus ultramarins demandent :
-La suspension immédiate de la réduction annoncée des PEC dans les Outre-mer ;
-L’ouverture d’une concertation urgente avec les représentants des collectivités ultramarines ;
-Le maintien, voire le renforcement, de taux de prise en charge adaptés aux réalités locales ;
-La mise en place d’une stratégie pluriannuelle permettant de sécuriser les parcours et d’améliorer l’accès à l’emploi durable.
Un appel à la responsabilité de l’État
Les élus ultramarins appellent le Gouvernement à repenser sans délai cette décision, dans un esprit de responsabilité et de justice territoriale. Réduire les PEC dans les Outre-mer, c’est prendre le risque de fragiliser durablement la cohésion sociale, d’affaiblir les services publics locaux et d’accentuer les inégalités.
L’Association des élus des territoires ultramarins reste pleinement mobilisée et se tient disponible pour engager un dialogue constructif avec l’État afin de bâtir des solutions adaptées, ambitieuses et durables.





















