Municipales 2026 : Fusions, soutiens, désistements ou reconduites de listes, le point sur l'entre-deux-tours en Outre-mer

Municipales 2026 : Fusions, soutiens, désistements ou reconduites de listes, le point sur l'entre-deux-tours en Outre-mer

Après le premier tour de ce dimanche 15 mars, les électeurs des communes ultramarines sont rappelés aux urnes, dimanche 22 mars, pour élire leur édile dans les municipalités nécessitant un second tour. Mardi soir, les candidats encore en campagne ont déposé leurs listes, après des tractations en vue d’une fusion ou, au contraire, une reconduite sans alliance, voire un désistement au profit d’une autre liste. Tour d’horizon…

En Nouvelle-Calédonie, où on compte le plus grand nombre de communes encore en lice pour le second tour -25 sur 33-, onze listes sont issues de fusion. On les trouve essentiellement au Nord (Canala, Kouaoua, Houaïlou, Pouébo, Poum, Voh et Ouégoa) où les deux grandes familles indépendantistes -FLNKS et UNI- s’affrontent. Des fusions ont aussi lieu sur l’île des Pins (Sud), où cinq listes ont pu se qualifier au second tour, à Ouvéa (Loyauté) et à Thio (Sud).

À Canala, le maire sortant Gilbert Tyuienon, figure de l’UC-FNLKS et membre du gouvernement, aura face à lui une liste fusionnée sans étiquette. En effet, les deux listes opposantes qualifiées au second tour derrière celle du maire sortant ont décidé de fusionner. Mathématiquement, elles peuvent battre Gilbert Tyuienon, mais il reste à savoir où se reporteront les 366 voix de la liste arrivée 4ème et qui s’est désistée, ainsi que la mobilisation pour le second tour. Lors du premier tour, 1 044 électeurs se sont abstenus, soit 28,84% des inscrits.

Autre commune du Nord avec un maire sortant, en l’occurrence Alcide Ponga, dans une posture fragile : Kouaoua. L’actuel président non indépendantiste du gouvernement est arrivé 2ème dans son fief, à 65 voix de Franck Diopoue. Pour rattraper son retard, Alcide Ponga a fusionné sa liste avec celle arrivée 3ème au 1er tour, menée par Thérèse-Jacqueline Couiemoin, provoquant une triangulaire dans cette commune. Sur le papier, c’est suffisant pour remporter un nouveau mandat, d’autant que face à lui, les deux autres listes, dont celle de l’UC-FLNKS de Franck Diopoue, repartent chacune de leur côté.

À Houaïlou, peu de chance que la liste fusionnée entre Angie Boehe (arrivée 3ème) et Nadège Mindia (arrivée 5ème avec 7,86%), fasse trembler l’avance considérable du maire sortant, Pascal Sawa (UC-FLNKS) qui a frôlé la réélection au premier tour. Jean Mahe (UNI) et Maurice Watanabé repartent eux aussi avec leurs listes respectives, sans fusion.

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Dans Nouméa et son agglomération, les fusions de listes sont donc absentes. Les représentants du FLNKS dans le Grand Nouméa ont annoncé rejeter les « alliances de circonstances », revendiquant 90% de l’électorat indépendantiste dans le sud. La marche est haute toutefois pour espérer remporter une des grandes villes calédoniennes.

À Dumbéa, le maire sortant Yoann Lecourieux, non-indépendantiste et arrivé 2ème loin derrière la candidate des Loyalistes unis, repart lui-aussi seul, appelant à un « sursaut républicain ». Peu de chance toutefois qu’il puisse renverser la vapeur face à l’avance de son adversaire Cynthia Jan, et le maintien des autres listes au second tour. Elles sont cinq à s’être qualifiées pour dimanche prochain dans cette commune, dont celle du FLNKS menée par Rachel Aucher et celle de l’Éveil océanien -menée par Vaimu’a Muliava. 

Même configuration au Mont-Dore où la maire sortante Élizabeth Rivière est arrivée 2ème derrière la liste de Nina Julié du parti Générations NC. Ici, pas d’alliance possible avec la 3ème liste, FLNKS, qualifiée. Restera la question du report des quelques milliers de voix des candidats éliminés au premier tour. 

À La Réunion, dans les 10 communes où les électeurs sont rappelés aux urnes dimanche, les tractations de l’entre-deux tours ont donné lieu à des fusions ou des désistements. Seule la commune de Sainte-Marie repart avec les trois listes qualifiées au second tour. 

L’une des villes les plus surveillées sera Saint-Paul, 2ème la plus peuplée de l’île, théâtre au second tour d’un affrontement gauche-droite. D’une part, le maire sortant Emmanuel Séraphin, soutenu par la présidente de Région Huguette Bello et la maire de Saint-Denis Ericka Bareigts. 

D’autre part, le président du Département Cyrille Melchior, soutenu par Bruno Retailleau. Au premier tour, ce dernier a remporté le duel à droite, arrivant second devant Didier Robert, ancien président de la Région. Didier Robert a finalement annoncé le retrait de sa liste au second tour, en apportant son soutien à Cyrille Melchior.

Mathématiquement, les voix de Cyrille Melchior et Didier Robert réunies (19 543) sont trop justes pour que la droite puisse battre Emmanuel Séraphin et ses 20 325 voix au premier tour. Mais le président du Département pourrait bénéficier des 2 563 voix du candidat RN, Jean-Yves Morel, dont il a obtenu le soutien, et éventuellement des 671 voix du centriste Maxime Hoarau, tous deux éliminés dimanche dernier. 

À Saint-André, les frères Virapoullé -Laurent et Jean-Marie-, arrivés 2ème et 3ème du premier tour, ont finalement fusionné pour le second. Avec leurs 9 228 voix additionnées, ils peuvent largement battre le maire sortant Joé Bédier (6 516 voix au premier tour), soutenu par Huguette Bello, et ainsi reprendre la commune qui fut dirigée par leur père, Jean-Paul Virapoullé, de 1972 à 2008 et de 2014 à 2020.

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Reste à savoir le comportement électoral des 3 580 électeurs d’Éric Fruteau, arrivé 4ème au premier tour, qui a décidé de jeter l’éponge sans donner de consigne de vote pour le second. Menant une liste de gauche, Éric Fruteau a vivement critiqué le maire sortant mais le soutien du RN à Laurent Virapoullé peut mobiliser ses électeurs en faveur de Joé Bédier. Il faudra aussi compter sur les quelques centaines d’électeurs des listes de droite qui n’ont pas franchi le cap du premier tour. 

À Saint-Suzanne, le député GDR Frédéric Maillot (2 887 au premier tour), proche d’Huguette Bello, a fusionné sa liste avec celle de Daniel Alamelou (1 758 voix). Une avance qui semble suffisante face aux trois autres adversaires, Alexandre Lai-Kane-Cheong, Eddy Balbine et Nadia Ramassamy. À La Possession, l’avance de la maire sortante Vanessa Miranville (5 370 voix) est mise à mal par une fusion des trois autres listes de gauche qualifiées (5 980 voix).

À Saint-Leu, où l’ancien maire, Thierry Robert, est en passe de réussir son come-back tonitruant, l’édile sortant, Bruno Domen, arrivé 2ème dimanche, a décidé de se désister. Le candidat arrivé 3ème, Karim Juhoor, espère récupérer ses voix -ainsi que celles des trois listes non qualifiées- et barrer la route à Thierry Robert.

Si dans la plupart des communes les jeux de fusions et désistement peuvent renverser la table, dans d’autres, les avances ont été suffisantes pour sécuriséR les listes arrivées en tête. C’est le cas de Saint-Pierre, où le maire sortant, David Lorion (LR), qui part avec une avance certaine, sera face à deux candidates de gauche, dont Émeline K/Bidi, qui n’ont pas trouvé de terrain d’entente.

À Sainte-Marie en revanche, l’absence de consensus entre les deux candidats de droite, Richard Nirlo et Jean-Louis Lagourgue, pourrait bénéficier à la challenger de gauche Céline Sitouze, déjà en tête lors du premier tour dimanche.

À Mayotte, les électeurs de 14 communes sur 17 sont rappelés aux urnes dimanche. Certaines communes attirent particulièrement l’attention.

C’est le cas notamment de la commune de Sada, où l’ensemble des cartes sont rebattues. Le maire sortant Houssamoudine Abdallah est arrivé en tête avec un peu plus de 40 %. Abdel-Lattuf Ibrahim, dissident LR, est arrivé en 2e position du scrutin, pendant que le candidat du MDM, Djamalidine Djabiri, s’est classé en 3e position.

Le candidat LR investi par le parti, fort de 15%, pouvait lui aussi se présenter au 2nd tour. Finalement, les négociations d’entre-deux tours conduiront à voir dimanche les électeurs à trouver deux bulletins de vote posés sur les tables de la commune : celui du maire sortant Houssamoudine Abdallah et celui d’Abdel-Lattuf Ibrahim.

Soula Saïd Souffou, président du MDM, sur le plateau de la matinale de Kwezi, a expliqué qu’en responsabilité il avait décidé avec Djamalidine Djabiri de ne pas représenter la liste pour le 2nd tour, car il souhaitait réellement une alternance à Sada. Le jeu est donc très ouvert, les cartes sont totalement redistribuées dans cette commune.

Du côté de Bandrélé, Daniel Rama a fusionné avec le candidat classé en 3e position. Le candidat investi par LR s’opposera à Ali Moussa Ben, le maire sortant investi par le MDM. L’issue du scrutin pourrait être plus compliquée que prévu pour le maire sortant.

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Du côté de Dzaoudzi-Labattoir, le sénateur Saïd Omar Oili est arrivé en 2e position du scrutin et a décidé de ne pas se représenter à titre personnel, mais de fusionner sa liste avec celle conduite par Freddy Novou, investi par le MDM et soutenu par LR. Comment vont donc réagir les électeurs de Saïd Omar Oili, militants pour la plupart du parti Nema créé par Omar Ouali, mais dont est également issu Mikidache Houmadi, le maire sortant, qui était à l’issue du premier tour en ballottage favorable ?

Du côté de Koungou, la 2nde ville du département, cinq listes pouvaient rester en lice pour le 2nd tour. Finalement, ce sera une triangulaire. Les trois challengers ont un temps tenté de fusionner, en vain. Farda Rachid n’a pas représenté sa liste, mais ses partisans ont intégré l’équipe de Saïd Raos Ahamadi, pendant que Ayouba Ridjali continue la campagne et se présentera pour le 2nd tour.

Mdallah Mahamoudou, classé en 2e position à l’issue du premier tour, sera également candidat. Dzanga, tête de liste LR, a décidé lui aussi de ne pas représenter sa liste pour le 2nd tour. Saïd Raos Ahamadi pourrait donc être en ballottage favorable et redevenir maire de la commune.

Plus au sud, à Chirongui, une triangulaire se déroulera puisque Bihaki Daouda a fusionné avec le candidat ayant totalisé 9,83 % des voix. Les électeurs retrouveront donc son bulletin sur la table, ainsi que celui d’Adrachi Velou, investi par LR, et de Roukya Lahadji, qui a fait course largement en tête avec 5 points de plus que les autres.

Avec France Mayotte Matin 

En Guadeloupe, tous les regards seront tournés vers la ville de Baie-Mahault avec la triangulaire Chalus-Mado-Chammougon. C'est la première fois depuis près de 20 ans,la mairie de Baie-Mahault se jouera au second tour. Ary Chalus, président de la Région, arrivé en tête lors du premier tour avec un peu plus de 32 % des voix, talonné par Michel Mado à seulement 200 voix d'écart. 

Sylvie Chammougon complète le trio des listes qualifiées. Michel Mado a obtenu le soutien de Frédéric Théobald et de Simon Vainqueur, arrivés respectivement quatrième et cinquième lors du scrutin de dimanche dernier.

Dans la commune du Gosier, le maire sortant Michel Hotin fera finalement face à Keeter Sylvain qui a créé la surprise avec 12,44 % des suffrages, dans une élection très éclatée qui avait débuté avec dix listes au départ. Un duel dans cette commune qui a connu plusieurs années de turbulences au sein de ce conseil municipal avec la courte présence de Liliane Montout à la tête de la mairie avant l'annulation de son élection par le Conseil d'État. 

Liliane Montout qualifiée pour le second tour a fait le choix avec les listes « Gosier, Confiance et Respect », conduite par Jocelyn Martial et « Le Renouveau Gosiérien », conduite par Ghylaine Jeanne, de former une liste unique avec celle de « Pour mieux réussir le Gosier », de Sylvain Keeter. Objectif de cette nouvelle union : « Donner au Gosier la possibilité de se relever, de se réorganiser et de retrouver une gestion sérieuse, apaisée et tournée vers l’avenir ».

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A Sainte-Anne, commune limitrophe du Gosier, le scénario est tout aussi ouvert. Le maire sortant Franck Baptiste est arrivé en tête avec 27,85% des suffrages, suivi de Lydia Faro Couriol (19,02 %). Diana Perran (16,14 %) et l'ancien maire Aldo Blaise (13,85 %) ont choisi de fusionner leurs listes dans l'entre-deux-tours.

En revanche, pas d'alliance ni de fusion à Saint-François. Le maire sortant Jean-Luc Périan a obtenu 38,65 % des suffrages au premier tour, devant Sophie Péroumal (18,68 %) et Teddy Mary (13,44 %) ont décidé de maintenir leurs listes.

Idem à Saint-Claude, le suspense est total dans cette commune où la maire sortante ne se représentait pas. Deux candidats arrivent quasiment à égalité en tête : Fabrice Minatchy (34,90 %) et Cédric Vitalis (34,55 %). Derrière eux, Thierry Panol (18,66 %) et Rebecca Coupan (11,88 %) dépassent aussi les 10 %, ouvrant la voie à une quadrangulaire très indécise.

En Guyane, les électeurs de six communes guyanaises retournent aux urnes pour désigner leur maire. Kourou, Saint-Laurent-du-Maroni, Matoury, Mana, Maripasoula et Montsinéry-Tonnegrande. 

Sur sept candidats en lice à Kourou au premier tour, quatre se retrouvent au second : Michael Rimane avec 26,95 %, au coude-à-coude avec le maire sortant François Ringuet (25,31 %), Jean-Étienne Antoinette (20,10 %) et Micheline Antoinette (18,65 %). Il n'y aura pas de fusion à Kourou. Les quatre listes qui ont largement dépassé les 10 % se maintiennent toutes. Cette quadrangulaire pourrait être le reflet d'une fracture au sein de l'électorat.

Dans l'Ouest guyanais, Saint-Laurent du Maroni est le théâtre d'une confrontation triangulaire entre trois figures aux trajectoires politiques bien distinctes. Lénaïck Adam, ancien député de la seconde circonscription de Guyane, est arrivé en tête avec environ 35 % des voix, devant Sophie Charles, maire sortante, autour de 30 %, et Léon Bertrand, ancien maire de la commune de 1982 à 2018, avec 29 %. Si Lénaick Adam avait lancé un appel à une fusion avec Léon Bertrand, en vain. Balle au centre pour les trois candidats lors de ce second tour.

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Un duel est attendu à Matoury entre Serge Smock arrivé en tête avec 3 029 voix (45,4 % des suffrages exprimés), et Eline Grand-Emile avec 2 313 voix (34,7 %). Si aucun accord de fusion n'a été conclu, Serge Smock a reçu le soutien de Lina Lourel, cette dernière estimant que le maire sortant est «  le seul candidat capable de mener Matoury vers une ville d’excellence ».  Roland Léandre a témoigné de son soutien en faveur d'Eline Grand-Emile.

A Montsinéry-Tonnegrande, Patrick Labeau est arrivé en tête avec 49,50 % des votes exprimés, suivi de Christian Porthos (29,92 %) et de Charles-Henri Delar (14,36%) cherchera à concrétiser son avance ce dimanche. Les deux autres candidats, Charles-Henri Delar et Georges Michel Phinera-Horth, ont décidé de faire alliance avec Christian Porthos pour ce second tour reconstituant un bloc face à Patrick Labeau. Pour autant, avec une avance de près de 20 points sur son principal rival au premier tour, Labeau reste largement favori.

A Mana et à Maripasoula, les deux maires sortants font face à une solide opposition par le jeu des alliances des candidats adversaires. A Mana, Alberic Benth en tête à l'issue du premier tour avec 884 voix (45,8 % des exprimés), devant Jean-Claude Jadfard (33,96%° . Malgré cette avance confortable, ses opposants Jean-Claude Jadfard et Steeve Pavant (20,22%) ont fait alliance pour ce second tour.

À Maripasoula, Jonathan Abienso arrivé en tête avec 35,47 %, suivi de Serge Anelli, le maire sortant, avec 30,78 %. Chrislain Cazal et Philippe Dekon obtiennent chacun 16,96 %.  Mais Philippe Dekon, tête de la liste « Vision d'Avenir », a annoncé son retrait de la course au second tour. Jonathan Abienso, Chrislain Cazal et Philippe Dekon ont pour objectif commun d'empêcher Serge Anelli de briguer un troisième mandat. 

En Martinique, quatorze communes martiniquaises retournent aux urnes. Jamais depuis 2020, autant de communes n'avaient été renvoyées à un second tour. A Fort-de-France, fief historique du Parti Progressiste Martiniquais (PPM) le maire sortant Didier Laguerre sera opposé à Francis Carole (21,9 %) et Steeve Moreau (21,2 %). 

Dans l'entre-deux-tours, une nouvelle dynamique politique s'est structurée autour de Francis Carole, Béatrice Bellay et Nathalie Jos, qui ont officialisé leur fusion sous le mot d'ordre « Aksyon Foyal pou Démaré Fodfwans ! ». En face, Steeve Moreau maintient sa candidature sous les couleurs du PLP.

À Schœlcher, Daniel Chomet (27,60 %) et Franck Sainte-Rose-Rosemond (22,85 %) s'allient pour le second tour avec l'objectif de battre Didier Marmot, arrivé en tête avec 36,16 %. Une union inattendue qui rebat les cartes dans cette commune stratégique. 

Au Morne-Rouge, Hilario Henry, pourtant qualifié avec plus de 10 %, a décidé de se retirer et appelle implicitement à soutenir Andréa Mauzole, arrivée en tête avec près de 43 %, face à la maire sortante Jenny Dulys-Petit (39,71 %). Un duel féminin se profile pour ce second tour.

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À Saint-Pierre, le maire sortant Christian Rapha est arrivé en tête au premier tour avec 41,61 % des suffrages, mais il aura face à lui une seule candidate au second tour. Ludmilla Larade-Eustache (36,35 %) et Kevin Lowinski (22,05 %) ont fusionné leur liste, Larade-Eustache prenant la tête de liste.

Au Marigot, la configuration est radicalement simplifiée. Les deux autres candidats qualifiés, Patrick Bredas et Mylène Héraclide, ont finalement décidé de se retirer, sans donner de consigne de vote. Joseph Péraste sera donc face à Cynthia Yerro dans un duel qui s'annonce d'une extrême tension : au soir du premier tour, seulement 21 voix séparaient les deux candidats.

Au Gros-Morne, les deux listes qualifiées derrière le maire sortant Gilbert Couturier ont fusionné : Audrey Thaly-Bardol (31,88 %) mènera la liste, Jonathan Tabar (19,94 %) en deuxième position.

Aux Trois-Îlets, Nathalie Grat (41,46 %) et Serge Sainte-Rose (15,46 %) ont fusionné leurs listes pour affronter Arnaud René-Corail, arrivé en tête avec 43,08 %, dans un duel qui s'annonce extrêmement serré. Au Carbet, le maire sortant Jean-Claude Ecanvil avait déjà été devancé au premier tour, avec seulement 31,19 %. Il affrontera Gérard Antoine Monstin (32,30 %) et Louis-Georges Griffit (26,42 %) dans une triangulaire à trois listes équilibrées.

À Ajoupa-Bouillon, c'est une triangulaire entre trois candidats qui n'ont jamais été maires : Thierry Joachim (36,22 %), Lucia Pharose (33,76 %) et Lydia Bésubé (22,22 %) se maintiennent tous les trois. À Bellefontaine, le maire sortant Félix Ismain affrontera une quadrangulaire complète avec Servius Charles Donatien, Hugo Avinain et Michel Suivant.

Pour le second tour en Polynésie française, 48 listes ont été déposées dans les communes de plus de 1 000 habitants, tandis que la Collectivités compte 181 candidatures dans les communes de moins de 1 000 habitants. Sur les 48 listes, seules 9 sont issues de fusions.

C’est le cas par exemple à Tumara’a, une des trois communes de l’île de Raiatea, où les trois listes arrivées derrière la liste du maire sortant ont fait liste commune pour battre ce dernier. Également président du Syndicat pour la Promotion des Communes de Polynésie, l’édile, Cyril Tetuanui, était encore tête de liste dimanche.

Mais une condamnation définitive en Cour de cassation le prive d’un nouveau mandat, et a donc laissé sa place à Moemoea Colomes. Avec 1 067 voix au premier tour, cette liste paraît mise en difficulté par la fusion des trois adversaires, totalisant 1 292 voix dimanche dernier. Reste 260 voix pour la dernière liste non-qualifiée le 15 mars.

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Autre commune avec fusion de liste : Hitia’a O Te Ra, commune rurale du nord-est de Tahiti. Ici, le maire sortant, arrivé en tête du premier tour avec 2 156 voix, Henri Flohr, fera face à une liste fusionnée qui totalise 2 240 voix, menée par Dauphin Domingo. Une troisième liste est en course, celle de Vincent Maono, qui totalise 674 voix au premier tour.

D’autres listes ont fusionné, notamment dans l’île-commune de Tahaa, sur l’atoll de Fakarava, dans la commune des Gambier, sur l’atoll de Makemo, celui de Manihi et sur l’île de Tubuai.

En revanche, pas de fusion dans les communes de Papara, Taiarapu Est et Taiarapu Ouest, Moorea-Maiao, Maupiti et Papeete. Dans la capitale, les négociations entre la liste de René Temeharo -arrivé second au premier tour- et celle de Tauhiti Nena -arrivé 4ème- n’ont pas abouti. Quatre listes s’affronteront donc dans la capitale, outre les deux citées : celle de Rémy Brillant arrivé en tête et celle de Temata’i Le Gayic, arrivé 3ème.

Comme au premier tour, c’est sur l’île de Moorea que l’on compte le plus de listes, puisque cinq des neuf enregistrées au premier tour sont qualifiées pour le second.

Côté soutien, si au premier tour le parti autonomiste de l’ancien président de la Collectivité Édouard Fritch -le Tapura Huira’atira- a décidé de n’apporter aucun soutien officiel, pour le second, changement de stratégie politique. Dans un communiqué, le parti a annoncé son soutien à René Temeharo dans la capitale, Moemoea Colomes à Tumara’a, Woullingson Raufauore à Maupiti (maire sortant), Henri Flohr à Hitiaa O Te Ra (maire sortant) ou encore, Evans Haumani à Moorea (maire sortant).

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Eline Ulysse et Jean Faatau