L’OECO lance un projet d’assainissement pour protéger les écosystèmes marins en Dominique

L’OECO lance un projet d’assainissement pour protéger les écosystèmes marins en Dominique

La Commission de l’Organisation des États de la Caraïbe Orientale (OECO), en partenariat avec le gouvernement du Commonwealth de la Dominique et avec le soutien financier de l’Union européenne, a lancé le 1er avril un projet d’amélioration de la gestion des eaux usées dans la communauté de Soufrière (Sauce). Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet BioSPACE et vise à réduire les impacts des pollutions terrestres sur les écosystèmes marins.

D’un montant d’environ 2,23 millions de dollars EC (environ 770 000 euros), le projet prévoit la construction de petites zones humides filtrantes ainsi que l’installation de fosses septiques. L’objectif est de mieux traiter les eaux usées domestiques, qu’il s’agisse des eaux grises issues des activités quotidiennes ou des eaux noires contenant des déchets humains, afin de limiter la contamination des milieux naturels.

Selon l’OECO, cette démarche répond à un enjeu central : la préservation de la biodiversité marine passe notamment par une gestion plus efficace des rejets terrestres. Le projet entend ainsi contribuer à la protection des écosystèmes côtiers, essentiels aux activités de pêche, au tourisme et aux moyens de subsistance locaux.

Lors de la cérémonie de lancement, la gestionnaire du projet BioSPACE, Norma Cherry-Février, a insisté sur la dimension environnementale et participative de l’initiative. « Cette initiative reflète notre engagement commun à protéger les écosystèmes qui font vivre nos communautés », a-t-elle déclaré, ajoutant que l’amélioration du traitement des eaux usées bénéficiera directement aux ressources côtières et marines, vitales pour les économies locales.

La députée de Soufrière et ministre du Tourisme, des Transports internationaux et des Initiatives maritimes, Denise Charles-Pemberton, a qualifié le projet d’investissement structurant pour la communauté. Elle a souligné son impact attendu sur la réduction des rejets d’eaux usées non traitées dans la baie de Soufrière. « Cette mer... est notre joyau, c'est notre avenir. Lorsque nos mers sont protégées, nos pêcheurs peuvent travailler, nos opérateurs touristiques peuvent prospérer et nos jeunes peuvent envisager un avenir ici même, chez eux, au sein de l'économie bleue ».

Le ministre de l’Environnement, Cozier Frederick, a pour sa part évoqué la nécessité de concilier développement et protection des ressources naturelles. « La nature nous a fait un don et nous habitons cet espace, mais nous devons jouer notre rôle. Ce projet démontre que nous pouvons concilier le développement avec la protection de nos ressources naturelles ».

Les travaux, confiés à EnviroPlus Consulting Inc. sous la supervision d’Alpha Engineering & Design (2012) Ltd., reposent sur des solutions combinant infrastructures techniques et approches fondées sur la nature. Le projet prévoit notamment l’utilisation de systèmes de lits filtrants et de procédés biologiques impliquant des plantes pour traiter les eaux avant leur rejet en mer. Il inclut également l’inspection et la mise aux normes des installations septiques existantes.

Plus de 90 % de la main-d’œuvre mobilisée est issue de la communauté locale, un élément présenté comme essentiel pour favoriser l’appropriation du projet et ses retombées économiques. Plusieurs acteurs participent à sa mise en œuvre, dont la Dominica Solid Waste Management Corporation, la réserve marine de Soufrière Scott’s Head, le ministère de la Pêche ainsi que des parties prenantes locales.

L’OECO a enfin exprimé sa reconnaissance envers l’Union européenne pour son appui financier, soulignant que le projet BioSPACE s’inscrit dans une stratégie plus large de gestion durable des ressources terrestres, côtières et marines dans les États membres.