Dans le cadre de la 5ème édition du concours national « Le Plus Grand Musée de France » porté par La Sauvegarde de l’Art Français et le groupe Allianz France, trois œuvres en péril – le brûlage de Khokho René-Corail en Martinique, la machinerie d’usine sucrière à Mayotte et le Pétroglyphe Polynésien à Tahiti – représentatives de l’histoire et de l’identité de leur territoire, bénéficieront chacune, grâce aux votes du public, d’un soutien de 8 000 euros pour leur restauration.
Invités à se mobiliser pour sauver leur patrimoine, des milliers de citoyens – 132 479 au total, soit 36 000 de plus que l’an dernier – ont participé du 2 au 22 février derniers au vote relatif à la 5ème édition du concours national « Le Plus Grand Musée de France » porté par La Sauvegarde de l’Art Français et le groupe d’assurances Allianz France. Cette forte mobilisation citoyenne confirme l’engagement croissant du grand public en faveur du patrimoine de proximité.
Au total seize œuvres du patrimoine des régions de France choisies pour la rareté de leurs qualités esthétiques et le niveau d’urgence de la restauration ont été désignées par le public, dont trois pour les Outre-mer parmi les sept œuvres en péril - trois pour la zone Atlantique-Amériques, deux pour la zone de l’océan Indien et deux pour la zone Pacifique- en lice pour concourir au financement de leur restauration dans le cadre de cette 5ème édition du « Plus Grand Musée de France ».
Le brûlage de Khokho René-Corail au centre culturel des Trois-Ilets, en Martinique pour la zone Amériques - Atlantique
A l’issue des votes, c’est le brûlage de Khokho René-Corail au Centre culturel des Trois-Ilets, en Martinique, qui réunit le plus grand nombre de suffrages (2753 votes, soit 44% des voix) pour la zone Atlantique – Amériques. Réalisée en 1977 par l’artiste martiniquais Khokho René-Corail, cette œuvre est conçue selon la technique du brûlage, ou « peinture au feu », procédé emblématique de l’artiste qui y développe son thème du rassemblement collectif, avec des figures dansantes autour du soleil, symboles de joie, d’énergie et de vitalité communautaire. Fidèle à une demande de liberté et d’innovation, Khokho René Corail invente aussi un langage plastique original, affranchi des conventions.
Aujourd’hui, l’œuvre nécessite une restauration portant à la fois sur le support en aggloméré, qui doit être consolidé, et sur la couche picturale, dont les couleurs et la forme doivent être rééquilibrées.
La machinerie d’usine sucrière, au pôle excellence de Longoni, à Mayotte pour la zone de l’océan Indien
Pour la zone de l’océan Indien, l’investissement du quartier de Longoni a permis que la machinerie d’usine sucrière, au pôle d’excellence rurale de Longoni, à Mayotte, remporte la mise avec 2930 votes, soit 55% des voix. La machinerie de l’ancienne usine sucrière de Longoni témoigne du développement de l’activité industrielle à Mayotte à la fin du XIXe siècle. Après une première phase sans installations propres, le domaine s’équipe progressivement pour produire sucre et rhum, avant d’être démantelé puis abandonné au début du XXe siècle.
Le projet prévoit leur restauration et leur mise en valeur dans un parcours explicatif restituant la chaîne de production. Elles seront exposées au public dans un espace dédié au patrimoine agricole de Mayotte, accompagné d’actions pédagogiques et touristiques afin de transmettre cette page essentielle de l’histoire de l’île.
Le Pétroglyphe Polynésien du musée de Tahiti et des îles du Punaauia pour la zone de l’océan Pacifique
Pour la zone de l’océan Pacifique, le choix du public s’est porté sur le Pétroglyphe Polynésien du Musée de Tahiti et des îles du Punaauia à Tahiti avec 2719 votes, soit 78% des voix. Le Pétroglyphe dit « des Jumeaux de Tipaeru’i » issu de l’art rupestre polynésien, est aujourd’hui conservé dans les jardins du Musée de Tahiti. Gravé par piquetage sur une grande pierre, il représente des figures symboliques associées à une légende locale liée au district ancien de Punaauia. Le Pétroglyphe témoigne à la fois d’un épisode tragique et de la dimension religieuse, mémorielle et symbolique de l’art rupestre polynésien. Il constitue un élément majeur du patrimoine culturel de Tahiti.
Aujourd’hui, la pierre est menacée par l’érosion due à la pluie et par le développement de mousses. Un projet de protection prévoit donc l’installation d’une structure en bois couvert de végétation afin de préserver durablement le témoignage exceptionnel de l’histoire et de la spiritualité locales.
Les trois œuvres lauréates issues des Outre-mer bénéficieront, chacune, d’un soutien pour leur restauration de 8 000 euros accordé par Allianz France pour qui « ce patrimoine du quotidien, souvent le plus fragile, fait partie de la vie des habitants. Il incarne une mémoire collective ».





















