Haïti : Paris souhaite des élections « rapides » pour mettre fin aux violences

©IOM / Antoine Lemonnier

Haïti : Paris souhaite des élections « rapides » pour mettre fin aux violences

La France soutient la formation d'un conseil présidentiel de transition en Haïti tout en appelant à tenir « rapidement » des élections, a-t-on indiqué samedi de sources diplomatiques françaises.

L'instauration d'un conseil présidentiel de transition est soutenue par la Communauté des Caraïbes (Caricom), l'ONU et les États-Unis, dans le cadre d'un accord de sortie de crise, trouvé lundi dernier qui a également contraint le Premier ministre Ariel Henry à démissionner.

« (Cet accord) ne sera pas facile à mettre en œuvre, mais il le faut soutenir car c'est pour Haïti une chance historique de sortir le pays de l'ornière avec une formule inclusive qui englobe la majeure partie des forces de l'échiquier politique haïtien », estime la diplomatie française selon ces sources. « Nous pouvons soutenir mais nous ne pouvons pas décider à la place des Haïtiens. Nous souhaitons que le peuple haïtien organise des élections rapidement ». Selon Paris, il y a eu un « consensus général » lors de la réunion de Kingston pour « ne pas inclure dans ce Conseil présidentiel des personnes condamnées, inculpées, sous sanctions internationales ».

« Actes de barbarie atroces »

Haïti est plongé dans une situation de quasi-anarchie avec des pans entiers du pays et 80% de la capitale aux mains de bandes armées qui se livrent à des exactions, meurtres, viols, enlèvements contre rançon. Certains habitants critiquent cependant la perspective de ce conseil présidentiel de transition perçu comme une ingérence de l'étranger.

« Il y a eu des actes de barbarie atroces » commis par les gangs « qui ont été documentés », soulignent les sources diplomatiques françaises. Et « certains gangs sont mobilisés, engagés au combat sous l'influence de drogues, sous l'influence d'alcool et ils se livrent à des actes de barbarie contre les policiers qu'ils filment ».

Paris appuie la police haïtienne à qui elle a versé une contribution évaluée à un million d'euros l'an dernier. Elle a également lancé des contributions financières à hauteur de 3 millions d'euros en soutien au déploiement de policiers kényans en Haïti, prévu dans le cadre d'une mission internationale pour l'instant suspendue et qui attend la mise en place du conseil présidentiel de transition.

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Pour rappel, la France a plusieurs fois été épinglée pour son rôle dans la situation haïtienne, et notamment pour avoir fait payer au pays une « dette » sous peine de blocus, au lendemain de la guerre d’indépendance remportée face aux troupes napoléoniennes. Intérêts compris, ayant dû emprunter pour « dédommager » la France, Haïti n’avait réussi à payer sa dette qu’en 1952.

Outremers360 avec AFP