En Guyane, quatre personnes sur dix ont exercé une activité non déclarée en 2025, selon une étude de l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (Iedom) menée auprès de 1.076 ménages et révélée jeudi.
Dans 80% des cas, ce travail au noir "permet d'améliorer une situation financière précaire" dans un territoire où 53% de la population vit sous le seuil de pauvreté, relève la branche locale de la Banque de France. Les femmes, moins bien insérées dans l'emploi formel, et les étrangers, freinés par leur statut, y sont surreprésentés, selon l'étude.

BTP, espaces verts, métiers de bouche, garde d'enfants: l'informel irrigue une économie guyanaise tournée vers les services et la consommation. Cette économie parallèle est "nourrie par le manque de structuration et l'étroitesse de l'économie formelle", a indiqué lors d'une conférence de presse Juliette Capitaine, chargée d'études économiques à l'Iedom.
L'isolement géographique joue un rôle majeur. Loin de Cayenne et de ses administrations, travailler sans déclaration devient la norme: "trois quarts des personnes interrogées dans l'ouest guyanais ont exercé dans l'informel, contre un quart dans l'agglomération cayennaise", a précisé Mme Capitaine.
Cette économie parallèle, difficile à quantifier par définition, semble considérable. La circulation de l'argent liquide, plus importante que dans toutes les régions françaises, en témoigne. En moyenne en 2024, "les émissions nettes de billets s'élèvent à 19.951 euros par habitant en Guyane, contre 2.000 euros dans l'Hexagone", indique l'Iedom.

Au-delà de l'emploi, la Guyane est dans "un système global d'informalité", a expliqué Juliette Capitaine. L'habitat, les modes de vie, "l'auto-consommation dans les communes isolées de Guyane", témoignent d'une société aux systèmes de référence et aux usages sud-américains, selon elle.
À l'échelle du continent, l'économie informelle représente 33% du PIB, selon l'OCDE.
Avec AFP





















