« Bandi » : quand Éric Rochant transforme une série en école de talents martiniquais

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« Bandi » : quand Éric Rochant transforme une série en école de talents martiniquais

Outremers 360 a assisté à l’avant-première exclusive de « Bandi », la nouvelle série tournée en Martinique. L’occasion d’en savoir plus sur le processus de création et surtout de découvrir l’autre histoire derrière la fiction : celle d’un laboratoire de formation inédit, un projet de transmission porté par Éric Rochant. Une démarche encore rare en France, où partage et insertion deviennent un véritable moteur de création pour favoriser le développement local.


Passer les portes de Netflix à Paris, c’est déjà entrer dans un décor de fiction. Du Démogorgon de « Stranger Things » aux salons feutrés de « Bridgerton », jusqu’à l’élégance contemporaine de « Lupin », tout semble raconter des histoires. Et au cœur de ces récits imaginaires, « Bandi » trace une autre voie : celle d’un récit profondément ancré en Martinique.

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À l’écran, le premier épisode prend son temps. L’intrigue, dense, s’installe progressivement avant de révéler toute sa tension. Portée par la famille Lafleur, soudée face à l’adversité, l’histoire gagne en intensité au fil des scènes et des décors locaux.

À l’issue de la projection, les échanges avec les scénaristes Éric Rochant et sa fille Capucine Rochant, les équipes de Netflix France, ainsi qu’avec d’autres invités - comme Harry Roselmack, Laetitia Limmois ou encore Anne Muxel - amènent à un constat global : même si le créole martiniquais est disséminé dans l'épisode l’ensemble reste captivant, jusqu’à une fin frustrante qui donne envie d’enchaîner les épisodes et de connaître le dénouement de l’histoire. Il faudra pour cela attendre la sortie des huit épisodes sur la plateforme, prévue le 9 avril prochain

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Derrière cette fiction, un autre récit se dessine. Éric Rochant, le créateur de la série, a mis en place une writers’ room à l’américaine, ouvrant l’écriture à des talents locaux. « L’idée c’était de les initier à l'écriture de série et à l'écriture de cette série. » , a-t-il indiqué. « On a fait une formation, uniquement avec des Martiniquais ». Une douzaine de participants, d’abord observateurs, ont ainsi été formés à l’écriture de série à travers des masterclass et des exercices à distance. Certains sont aujourd’hui auteurs juniors, d’autres ont franchi un cap décisif : « Ils sont devenus seniors et ont écrit des épisodes. »

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Une progression pensée dans la durée. « Ce qu’on fait aujourd’hui, c’est déjà pour la saison 3 », confie le scénariste. Une anticipation qui illustre la volonté de structurer un vivier local, même si aucune suite n’est, à ce stade, confirmée par Netflix et dépendra du succès de la série.

Cette logique de transmission s’étend à toute la production : techniciens, équipes image et son ont également été accompagnés pour gagner en autonomie, avec l’objectif, à terme, d’une production largement portée par des talents martiniquais et de favoriser l’emploi local.

Avec « Bandi », Netflix ne se contente pas de raconter une histoire ancrée en Martinique, c’est peut-être hors écran que la série laisse déjà son empreinte la plus durable.

Tania IMACHE