Polynésie : Un solfège polynésien pour apprendre les percussions traditionnnelles

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Polynésie : Un solfège polynésien pour apprendre les percussions traditionnnelles

C’est une première en Polynésie : deux professeurs d’arts traditionnels du Conservatoire artistique ont imaginé, avec l’aide d’un informaticien, le premier système de notation de solfège adapté aux percussions traditionnelles polynésiennes, décliné sous forme d’un livret pédagogique. Fruit de quatre années de recherches et d’écriture, cet ouvrage de cinquante pages, intitulé Ta’iri Pehe Tumu – Les rythmes fondamentaux des percussions, vise à soutenir et faciliter l’apprentissage musical des to’ere, pahu et autres fa’atete. Précisions avec notre partenaire Radio 1. 

Les percussions traditionnelles ont désormais leur méthode pédagogique écrite, sorte de « solfège international réadapté à la mentalité ta’ata tahiti, afin d’en faciliter la lecture », explique Wilton « Teuai » Itae Tetaa, auteur du livret Ta’iri Pehe Tumu – Les rythmes fondamentaux des percussions.

Cet ouvrage qui codifie les structures rythmiques des percussions polynésiennes (to’ere, pahu, fa’atete, etc.) a été présenté ce vendredi matin à la Maison de la Culture, en compagnie des équipes du Conservatoire artistique de la Polynésie française (CAPF), de la Direction de la culture et du patrimoine, ainsi que de la ministre de l’Éducation et de la Culture. Il fait suite au travail initié en 2019 par Hans Faatauira, professeur de percussions modernes et traditionnelles au CAPF, malheureusement décédé des suites du Covid avant de pouvoir l’achever.

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85 pehe retranscrits en symboles

Ce nouveau projet est le résultat du travail acharné et passionné, mené pendant quatre années par deux professeurs d’arts traditionnels du CAPF, Heremoana Urima et Wilton Itae Tetaa, avec l’aide de Heimana Leeteg. Ce dernier, informaticien de profession, a imaginé une structure graphique et un système de notation originaux et adaptés à la pratique musicale polynésienne, en formalisant plus de 80 pehe traditionnels, tous retranscrits dans l’ouvrage.

« Le Conservatoire a déjà un code, que l’on a juste amélioré avec des symboles, pour pouvoir donner du sens à la théorie musicale. On a également un peu utilisé les symboles de la batterie. Du coup, on a créé notre propre solfège et on a ensuite fait l’expérience avec des élèves. On a vu que, grâce à ça, les enfants pouvaient lire plus facilement, comme un solfège normal, ce qui vient soutenir l’apprentissage de la formation musicale, traditionnelle cette fois-ci », explique Wilton Itae Tetaa, lui-même enfant du Conservatoire puisque son père était l’un des premiers enseignants d’art traditionnel de l’établissement, tout comme son collègue Heremoana Urima.

Préserver et transmettre les savoirs oraux des anciens

Forts de leur héritage familial, tous deux sont aujourd’hui animés par cette volonté de préserver et transmettre la mémoire des nombreux maîtres du ta’iri alors que, jusqu’à présent, l’apprentissage des percussions traditionnelles reposait essentiellement sur l’oralité.

Ce livret, d’une cinquantaine de pages, combine notation, exercices et documentation culturelle afin de s’adresser à la fois aux élèves, aux enseignants mais aussi à tous les amoureux de culture souhaitant approfondir leur pratique. Il commencera à être distribué dans une quinzaine de jours.

Par Radio 1.