Polynésie : Réhabilité, l’Institut Mathilde Frébault prêt à accueillir des étudiants infirmiers et aides-soignants

Polynésie : Réhabilité, l’Institut Mathilde Frébault prêt à accueillir des étudiants infirmiers et aides-soignants

Les nouveaux locaux de l’Institut de Formation des Professions de Santé Mathilde Frébault ont été inaugurés ce jeudi matin, à Papeete. Fermé depuis 2023 en raison de sa vétusté, l’établissement, construit en 1966, a été rénové et remis aux normes actuelles. L’école d’infirmiers et d’aides-soignants accueillera à nouveau des étudiants à la rentrée prochaine, soit une centaine d’élèves au total, toutes promotions confondues. Après une année « d’installation » sans changement notoire dans les formations, l’offre doit évoluer, avec l’objectif affiché de faire de cet institut « un pôle de santé d’excellence ». Reportage de notre partenaire Radio 1 Tahiti. 

Les étudiants infirmiers et aides-soignants vont bientôt pouvoir retrouver les bancs de l’institut Mathilde Frébault. Ce jeudi matin, les nouveaux locaux de l’IFPS, l’Institut de formation des professions de santé, ont été inaugurés dans le quartier de Mama’o en présence des officiels, parmi lesquels le président du Pays et ses ministres, mais aussi le nouveau maire de Papeete, Rémy Brillant.

L’établissement, qui date de 1966 et forme des infirmiers et des aides-soignants depuis 1971, avait été fermé en 2023 en raison de sa vétusté. Plus d’une année de travaux a été nécessaire pour réhabiliter les locaux, sans compter les mois nécessaires au préalable pour les études, le diagnostic des bâtiments et le désamiantage. 

« Il s’agit d’une rénovation et d’un embellissement des espaces, mais surtout d’une mise aux normes réglementaires en matière de sécurité, d’accessibilité, d’assainissement… », explique l’architecte Xavier Dogo. Un ascenseur central a notamment été aménagé dans le patio, au milieu d’un escalier végétalisé, afin de faciliter l’accès aux élèves et visiteurs à mobilité réduite.

Près de 10 000 m2 ont ainsi été rénovés, dont 2 000 en surfaces intérieures, pour un budget de 758 millions de francs. L’utilisation de matériaux et d’équipements plus performants a été privilégiée, afin d’améliorer « le confort acoustique et thermique » des élèves et de leurs professeurs, qui sont attendus dans les locaux dès la rentrée prochaine.

Des formations dispensées par Ocellia, l’école des métiers de la santé et du social

Toutes promotions confondues, une centaine d’étudiants devraient investir l’IFPS Mathilde Frébault au mois d’août, entre les nouveaux inscrits (25 places d’aides-soignants et 35 d’infirmiers seront disponibles à la rentrée 2026) et ceux qui suivent actuellement leur cursus à l’Université de la Polynésie française (UPF). 

« Beaucoup d’étudiants nous disent combien c’est important pour eux de revenir dans ces locaux, dans ce bâtiment historique et symbolique », raconte Sandrine Amaré, directrice des formations supérieures, du laboratoire de recherche et de l’international au sein de l’école des métiers de la santé et du social Ocellia.

Cet organisme, basé dans l’Hexagone, a ouvert son campus polynésien en 2021, en réponse à un marché public lancé par la Direction des solidarités, de la famille et de l’égalité (DSFE) pour proposer, dans un premier temps, des formations dans le domaine social. Depuis 2024, l’équipe d’Ocellia prépare également les élèves aux diplômes d’infirmiers, en trois ans, et d’aides-soignants, en un an, au sein de l’UPF. 

« Mais cela risque de bouger un peu avec ce beau bâtiment », se réjouit Sandrine Amaré, qui espère que d’autres formations pourront être proposées à l’avenir dans l’institut rénové. « Le but de la réhabilitation de l’IFPS, c’est d’en faire un pôle de santé d’excellence, en lien avec Ocellia, pour offrir une formation universitaire dans ces locaux », précise Cédric Mercadal, ministre de la Santé. Y seront donc délivrés le diplôme d’État infirmier, le diplôme d’adjoint territorial de soins, mais aussi le diplôme d’État d’aide-soignant, reconnu depuis l’an dernier au niveau national.

« Notre objectif est de proposer, demain, de la formation plus poussée »

Si l’année scolaire 2026-2027 vise dans un premier temps à réinstaller les formations de base, d’autres pourraient bien voir le jour dans les prochaines années. « Notre objectif est de proposer, demain, de la formation plus poussée », comme les arata’i ora, ces volontaires en santé recrutés et formés par le Fare Tama Hau pour mener des missions de sensibilisation dans les communes de Tahiti et des îles

Ou encore les cadres de santé, « parce que c’est une volonté de former localement pour éviter le déracinement, au moins pour la partie théorique », poursuit le ministre. Ce qui permettrait de « monter en gamme, au fur et à mesure, vers un pôle d’excellence », avec également « la formation continue et les DU, actuellement proposés à l’université, afin de les dispenser ici avec des professionnels ».

La modernisation et l’élargissement de l’offre de formations pourrait également bénéficier aux collectivités voisines du Pacifique, a souligné le directeur de la Santé dans son allocution. Francis Spaak a énuméré les défis auxquels doit répondre l’établissement à sa réouverture, parmi lesquels « la proximité avec les patients et la population », « le renforcement des liens entre les différentes structures de santé » ainsi que « l’ouverture vers les autres » avec la mise en place de partenariats. 

L’IFPS est un « outil rénové avec une capacité d’accueil adaptée pour former les soignants polynésiens de demain », a-t-il conclu.

Lucie Rabreaud pour Radio 1 Tahiti