Nouvelle-Calédonie : Deux ans après les émeutes, les polices municipale et nationale retrouvent des locaux à Rivière-Salée

© Ville de Nouméa

Nouvelle-Calédonie : Deux ans après les émeutes, les polices municipale et nationale retrouvent des locaux à Rivière-Salée

Les polices municipale et nationale ont inauguré, ce mardi 26 mai, leurs nouveaux locaux à Rivière-Salée, rue Bonaparte, sur le site de l’ancienne Caisse des écoles de la ville de Nouméa, deux ans après l’incendie de leurs bâtiments respectifs lors des émeutes de mai 2024. Détails avec notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes. 

Cela faisait deux ans, depuis l’insurrection de mai 2024, que les polices nationale et municipale ne disposaient plus de locaux sur Rivière-Salée. Ce vide est désormais comblé. Les deux administrations disposent chacune, depuis ce mardi 26 mai, d’un nouvel espace dédié sur le site de l’ancienne Caisse des écoles de la commune, structure également détruite lors des émeutes (et déconstruit depuis), en face de l’école Robert-Burck.

Deux bâtiments aménagés par la ville. "C’était une ancienne cantine qui se trouvait là. On a tout rénové", note la maire de Nouméa, Sonia Lagarde. Une opération d’un montant de 41 millions de francs, qui s’inscrit dans le cadre de la reconstruction, pour laquelle la commune avait touché une enveloppe de 5 milliards de francs de son assurance.

Rester "au cœur de leur secteur"

Ce mardi 26 mai, dans la matinée, Sonia Lagarde et la directrice de la police nationale, Marjorie Ghizoli, ont signé une convention, afin de permettre la mise à disposition du bureau par la ville au bénéfice de la police nationale, marquant l’inauguration des locaux. "Le quartier en a besoin, et c’est une promesse qu’on avait faite de revenir ici. C’est chose faite aujourd’hui", poursuit Sonia Lagarde, insistant sur la "complémentarité" entre les deux polices. "Les positionner à côté est important."

Le bureau de la police municipale a vocation à accueillir la brigade territoriale nord, composée de dix agents et qui couvre également les quartiers de Ducos, Saint-Quentin, et des 6e et 7e Km. Ils pourront ainsi rester "au cœur de leur secteur en permanence", explique Sonia Mainguet, commandante de l’unité de sécurité et de proximité, et n’auront plus à retourner au commissariat central situé en centre-ville, comme c’est le cas depuis deux ans.

La structure a été redimensionnée. "Quand ça a été détruit en 2024, il y avait tout notre matériel dedans. Maintenant, il n’y a plus rien qui reste, plus d’armement, on ramène tout au central."

Retrouver un commissariat de secteur

Le bureau de la police nationale mitoyen, dédié au dépôt de plainte, va lui ouvrir au public à partir du 1er juin, de 8 heures à 16 heures. Elle non plus ne disposait plus de locaux dans le quartier depuis l’incendie du commissariat de secteur qui était situé rue Ménard. "Les habitants de Rivière-Salée et des quartiers alentour pourront venir déposer plainte au plus près de chez eux, sans aller jusqu’au commissariat central", se félicite Marjorie Ghizoli, jugeant cette implantation "essentielle". La directrice évoque également un travail en cours concernant la constitution "de patrouilles communes" entre les deux polices.

Une étape dans une stratégie globale, avance la cheffe des policiers, visant à retrouver "plusieurs implantations sur Nouméa", via la création de commissariats de secteur, dont un est en train de se monter vers la rue Doumer, à l’entrée de la ville. L’objectif est de pouvoir en rouvrir un du côté de Rivière-Salée. "Ce bureau de police est une première étape, développe Marjorie Ghizoli. Mais, on est en train de travailler pour positionner un vrai commissariat de secteur sur le quartier, qui couvre également Ducos.

Car Rivière-Salée constitue une des priorités de la police nationale. L’enjeu, depuis quelque temps déjà : les vols. "On a une délinquance d’opportunisme. C’est ce qui est le plus compliqué à travailler pour nous, parce que vous avez des petites équipes de voyous qui, à l’opportunité, vont piquer à droite à gauche, commettent des cambriolages, des violences. C’est cette réactivité qui est la plus importante pour nous, pour les mettre hors d’état de nuire. Il y a un travail de répression, mais aussi de prévention à mener avec ces jeunes, en partenariat avec les collèges et les lycées." Une présence qui se traduit également à travers le GPO, groupe de partenariat opérationnel, instauré en 2019.

La prochaine étape : la rénovation du pôle de services publics, estimée à 200 millions de francs. La nouvelle structure, censée accueillir la maison de quartier, la médiathèque, la maison de la famille et un bureau de l’état civil, pourrait ouvrir au premier trimestre 2028. "Petit à petit, les choses s’enclenchent dans le quartier", conclut Sonia Lagarde.

Par Les Nouvelles Calédoniennes