En déplacement à Mayotte, les dirigeants d’Air Austral et de son sous-traitant Crystal Aero ont fait un point sur la flotte long-courrier et les récents déroutements. Face aux interrogations de la population, la compagnie a tenu à rappeler un principe intangible : la sécurité prime sur toute autre considération. Détails avec notre partenaire France-Mayotte Matin.
À l’occasion de la présence à Mayotte de plusieurs dirigeants d’Air Austral et de son partenaire de maintenance Crystal Aero, la compagnie régionale a souhaité apporter des explications sur sa flotte long-courrier et sur les événements survenus ces derniers mois. Hugues Marchessaux, président du directoire d’Air Austral, était accompagné de Vincent Guérin, directeur technique, ainsi que de Tristan Charpentier pour Crystal Aero.
Deux déroutements intervenus en septembre et en décembre ont suscité de nombreuses interrogations et nourri une forme d’inquiétude dans la population. Pour la direction, la ligne est claire. « Nous sommes une compagnie aérienne et notre première priorité, c’est la sécurité. Un déroutement ne fait plaisir à personne, ni aux passagers, ni aux équipages, ni à l’entreprise, mais nous ne prendrons jamais le moindre risque », a insisté Vincent Guérin. Une position assumée, même lorsque la décision s’avère contraignante.
Le Boeing 787, exploité sur la ligne Mayotte–Paris, a également été au cœur des échanges. Cet appareil est aujourd’hui le seul avion capable d’opérer à Dzaoudzi dans toutes les conditions, contrairement, pr exemple, aux A330 ou A350. Configuré pour environ 240 passagers, il est considéré comme adapté au trafic mahorais. Plus de 1 150 exemplaires volent actuellement dans le monde et près de 800 sont encore en commande, faisant du 787 un avion largement éprouvé. Avion récent et très technologique, le 787 n’est pas exempt de contraintes techniques, notamment sur ses moteurs RollsRoyce. « Ces appareils sont extrêmement communicants : au moindre incident, l’information remonte immédiatement et les procédures doivent être strictement respectées », explique la direction. Crystal Aero, qui assure la maintenance de nombreux long-courriers à Paris et à Mayotte, indique suivre de près les appareils d’Air Austral, sans particularité spécifique relevée sur cette flotte.
Le secteur rappelle par ailleurs que la sûreté aérienne progresse continuellement. Les avions modernes, dotés de centaines de calculateurs et de structures en matériaux composites, nécessitent moins d’interventions lourdes qu’auparavant. Ont aussi été évoqué les messages relatifs à la présence de scotch sur les ailes du 787 « ce sont des rubans adhésifs approuvés, capable de résister à des vitesses de 900 km/h et à des altitudes où les ultraviolets sont extrêmeMent agressifs, ils sont utilisés pour protéger la peinture quand il y a un éclat. Cette procédure, même si elle paraît curieuse pour le passager est totalement agréé par Boieng. Elle permet d’attendre que l’accroc soit repeint. » explique Vincent Guérin.
Dans un contexte où l’information circule désormais plus vite sur les réseaux sociaux que via les canaux institutionnels, Air Austral affirme vouloir renforcer sa pédagogie pour améliorer la confiance.
Par France-Mayotte Matin























