La Chambre d’agriculture de Mayotte a annoncé la concrétisation du projet de relance de la culture du cocotier sur l’île. Après des discussions menées lors du Salon de l’agriculture pour débloquer le dossier, l’envoi de noix de coco offertes en provenance de Polynésie est prévu afin de produire de nouveaux plants et reconstituer progressivement le paysage agricole mahorais. Un sujet de notre partenaire France Mayotte Matin.
La relance de la culture du cocotier figure parmi les priorités du mandat agricole porté par la Chambre d’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture de Mayotte (CAPAM). Son président, Saïd Anthoumani, a réévoqué ce projet, annoncé en octobre 2025 par Outremers360, et débloqué grâce à des discussions menées lors du Salon de l’agriculture.
Selon lui, « l’objectif du mandat, au niveau agricole, est de s’occuper du renouvellement du cheptel grâce aux inséminations artificielles. Au niveau végétal, nous allons avoir le don de la Polynésie en cocotiers ». Ce projet doit permettre de compenser les pertes importantes observées ces dernières années.
L’acheminement des plants a toutefois nécessité de résoudre plusieurs difficultés administratives et logistiques. « Nous avons eu des problèmes logistiques. Le problème, c’est que la Polynésie est grande, donc il fallait que la Polynésie récolte sur chaque île puis réunisse. Il y avait aussi la question des certificats phytosanitaires de Mayotte », a expliqué le président de la CAPAM, précisant que « cela a été réglé lors du Salon de l’agriculture ».
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Concrètement, « le bateau doit partir avec 40 000 cocos ». Ces noix de coco seront « mises en germoir et ensuite cela va être travaillé avec les agriculteurs ». Le projet doit être structuré avec les organisations agricoles locales. « Cela va être bien cadré par des groupements. Nous avons travaillé avec les associations », a-t-il indiqué.
Deux variétés devraient être introduites. « Nous avons deux variétés de coco : une qui pousse haut et qui met sept ans à produire, et une autre qui est une espèce naine qui donne des cocos à boire, qui pousse et produit en cinq ans », a détaillé Saïd Anthoumani.
Pour la CAPAM, cette initiative répond à un besoin important sur le territoire. « Nous avons besoin de ces plants-là car nous avons perdu beaucoup de cocotiers. Après le cyclone, tout est bouleversé », a-t-il souligné, ajoutant que « l’absence d’arbres qui protégeaient les autres a bouleversé tout l’écosystème ».
L’ambition est aussi paysagère et agricole. « Notre objectif est justement de reconstruire ce jardin mahorais et de recréer le paysage d’avant », a expliqué le président de la CAPAM. Pour les plants au sens large, il estime toutefois qu’il faudra adapter les cultures aux conditions locales : « Il faut aussi trouver des semences qui soient adaptées au climat local. Le but est donc de voir avec les institutions si l’on peut récupérer des essences de la zone même si elles ne sont pas en zone européenne, car les plants de l’Hexagone, ça ne marche pas ici ».
Le bateau devrait arriver à Longoni en avril et les plantations pourront se faire lors de la prochaine saison.
Anthony Maltret pour France Mayotte Matin





















