POSEI, ajustement carbone, flottes de pêche : Naïma Moutchou à Bruxelles pour « défendre les territoires ultramarins »

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POSEI, ajustement carbone, flottes de pêche : Naïma Moutchou à Bruxelles pour « défendre les territoires ultramarins »

La ministre des Outre-mer a effectué mercredi un déplacement au Parlement européen, à Bruxelles, pour aborder les « échéances importantes qui vont arriver », avec le commissaire chargé de la Mer et des Océans, Costas Kadis, puis le vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la Réforme et de la Cohésion, Raffaele Fitto ; et enfin le vice-président du Parlement, Younous Omarjee.  

« Je suis venue ici pour défendre les territoires ultramarins, pour rappeler que c'est un enjeu européen » a déclaré la ministre à l’issue de ses entretiens avec Costas Kadis, Raffaele Fitto et Younous Omarjee. Les Outre-mer, « un élément de puissance pour l'Europe » assure encore la ministre, alors que leur budget -ainsi que tous les instruments financiers dont le POSEI- sont menacés d’une diminution pour le prochain budget pluriannuel de l’Union.

« Nous le savons, il y a des échéances importantes qui vont arriver » confirme Naïma Moutchou qui cite, outre le budget, l’adaptation des normes et de la réglementation. « Il faut qu'on soit au rendez-vous (…), qu'il faut qu'on constitue une équipe, qu'on entame un travail collectif » insiste la ministre, qui prend en témoin « le contexte international » et donc, « l’intérêt commun à faire rayonner les territoires ultramarins pour faire rayonner l'Europe ».

« On a besoin de cette présence partout dans le monde pour être puissant, pour envoyer aussi des messages à ces États qui veulent dominer le monde. C'est important qu'on soit au rendez-vous », insiste encore Naïma Moutchou.

Sur le POSEI, « un des sujets prégnants qui va arriver très vite », « il y a la volonté de conserver un mécanisme à part entière pour les agriculteurs », assure Naïma Moutchou, « alignée » sur ce point avec ses trois interlocuteurs : « il faut un règlement sectoriel différencier parce que ce sont des territoires spécifiques ». Elle évoque aussi « une enveloppe réévaluée qui soit à la hauteur des défis des agriculteurs ultramarins ». Naïma Moutchou dit partager cet « objectif commun » avec ses interlocuteurs, mais aussi avec le chef de l’État.

Autre sujet abordé : le « mécanisme d'ajustement carbone aux frontières ». « C'est cette taxe qui est prévue, mais qui, pour les territoires ultramarins, est un élément de préjudice aujourd'hui » pointe la ministre. « On est pragmatiques et on va essayer de trouver des solutions aussi pour rassurer ce qui importe des engrais, du ciment et nos territoires sont en première ligne ».

Toujours sur les RUP, et plus particulièrement sur « le renouvellement des flottes de pêche ». « On a besoin là aussi que l'Europe soit au rendez-vous parce que la pêche, c'est un levier de développement économique dans les territoires. J'ai attiré l'attention de ceux qui demain décideront, pour Mayotte notamment et pour la Martinique où on a des enjeux majeurs ».

Enfin sur les PTOM -Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Saint-Pierre et Miquelon-, la ministre a parlé de la « défense » de ces territoires, « parce qu'il y a des choses qui se jouent. On voit par exemple combien le Groenland aujourd'hui est un enjeu », a dit la ministre, assurant aussi son soutien à ces territoires auprès des institutions européennes.