Conflit au Moyen-Orient- Détroit d'Ormuz:  CMA CGM met en place de "nouveaux corridors logistiques"

Conflit au Moyen-Orient- Détroit d'Ormuz: CMA CGM met en place de "nouveaux corridors logistiques"

Le 3e armateur mondial, le Français CMA CGM, met en place de "nouveaux corridors logistiques", par la route et le rail, pour contourner le blocage du détroit d'Ormuz, a indiqué mercredi au Figaro son PDG Rodolphe Saadé, qui anticipe déjà un "effet de rattrapage très fort" à la fin la guerre au Moyen-Orient.


Le dirigeant a expliqué que son groupe avait rouvert "depuis trois jours" les commandes de transport de ses clients vers les pays du golfe Arabo-persique.
"On décharge la marchandise venue d'Asie au port de Khor Fakkan à Sharjah, un des sept Émirats arabes unis, qui est juste avant le détroit d'Ormuz. Après, nous acheminons les produits par train ou par camion" au "Qatar, Bahreïn, Koweït, etc...", a-t-il détaillé.
Le PDG a fait état d'"une quinzaine" de ses bateaux bloqués à l'entrée du détroit, assurant aussi que "les Iraniens tentent d'installer des mines" navales dans la zone.

Une hypothèse avancée par le président américain Donald Trump mais que n'a pas confirmée mercredi le président français Emmanuel Macron. "On a demandé à certains de nos bateaux proches de Dubaï de s'éloigner de la côte en raison des récentes frappes sur cette ville", a aussi souligné M. Saadé.
Le groupe a également "rouvert les réservations" pour ses clients souhaitant desservir les pays bordant la mer Rouge. "Nous déchargeons la marchandise venue d'Asie à Djedda", en Arabie saoudite, d'où elle "repart par camion ou par rail à destination des pays du Golfe", a-t-il complété.

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Interrogé sur les conséquences économiques du conflit, le dirigeant estime qu'"il faudra du temps pour que tout rentre dans l'ordre à la fin de la guerre". "Il y aura de la congestion, notamment dans les ports où les bateaux actuellement bloqués dans le détroit risquent d'arriver en même temps", anticipe-t-il.

Le dirigeant s'attend toutefois à "un effet de rattrapage très fort" en fin de conflit.
"Pendant dix jours, pendant un mois ou le temps que la guerre durera, certains clients n'ont plus acheminé de marchandises et n'ont plus passé des commandes en Asie et ailleurs", ce qui les amènera à "commander massivement" pour "remplir les stocks".
En attendant, le groupe a mis en place "des surcharges pour compenser partiellement la hausse" de ses coûts, liés au renchérissement du fioul et des assurances, à l'immobilisation des bateaux et au "surcoût" de sécurité, estimé à "1.000 dollars par conteneur de 40 pieds".
 

Avec AFP