La troisième édition de la Cap-Martinique 2026 a vu les premières arrivées en Martinique après plus de trois semaines de navigation dans des conditions météorologiques jugées exigeantes.
Lundi 11 mai à 13h12 heure locale, soit 19h12 en Hexagone, Sam Manuard et Erwann Le Mené ont été les premiers à franchir la ligne d’arrivée en temps réel après 21 jours, 2 heures, 12 minutes et 12 secondes de course entre La Trinité-sur-Mer et la Martinique.
À bord d’un Pogo RC de nouvelle génération dessiné par Sam Manuard, le duo a navigué aux avant-postes pendant l’essentiel de la traversée. Les deux marins soutenaient l’association Guérir en Mer, qui accompagne les professionnels de santé confrontés à l’épuisement à travers la pratique de la voile.
Cette édition a été marquée par des conditions instables, avec des alizés peu établis et des choix stratégiques complexes. Le duo a notamment choisi de passer entre les îles du Cap-Vert afin de préserver son avance sur le reste de la flotte. Erwann Le Mené explique : “On contournait, on contournait et on allait de plus en plus sud. On commençait à avoir peur du pot-au-noir à la fin. Et puis on avait confiance dans la vitesse du bateau. Donc on n'avait pas peur de rallonger un peu la route parce qu'on était capable d'accélérer. Donc ça c'est aussi super intéressant”.
Sam Manuard souligne l’atmosphère particulière de l’épreuve : “Ça a été une course mais en même temps un voyage, ça a été magnifique. On ne pensait pas faire une traversée aussi longue et du coup, on est passé proche des côtes africaines, proche des îles Canaries, des îles du Cap-Vert et puis arrivés ici, on est passé à côté du rocher du diamant. Donc c'était vraiment chouette. La Cap-Martinique c'est une course un peu à part. Il y avait un groupe WhatsApp entre les concurrents et c'était incroyable de voir la solidarité des gens. Ça ne s'est jamais vu une course comme ça et franchement c'est phénoménal. Il y a un état d'esprit, les gars racontaient leur galère, se filaient des coups de main. Ah c'était fantastique. Et je ne connais pas d'autres courses qui fait ça. Donc c'est à souligner parce que c'est vraiment dans le plus bel esprit amateur. Ça j'ai beaucoup apprécié. Merci”.
Malgré cette première place en temps réel, le classement général restait soumis au calcul des temps compensés selon la jauge IRC. Le Pogo RC du duo étant fortement pénalisé au rating, Manuard et Le Mené concédaient un handicap estimé à 11 heures sur leurs poursuivants directs.
Quelques heures plus tard, dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 mai, Alexandre Ozon est devenu le premier skipper solitaire à rallier la Martinique. Il a coupé la ligne à 00h41 heure locale après 21 jours, 13 heures, 41 minutes et 20 secondes de mer. Habitué de la course, Alexandre Ozon participait à sa troisième Cap-Martinique. Vainqueur de la première édition en 2022 sur un Sun Fast 3300, il avait abandonné lors de l’édition 2024 à bord de son Bepox 990. Cette année, il naviguait sur le JPK 10.50 Trophée Estuaire Rose.
Grâce à son coefficient IRC, il est assuré de remporter la victoire officielle en temps compensé dans la catégorie solitaire. Alexandre Ozon est revenu sur le parcours particulièrement long imposé par les conditions météorologiques : “J'avais envoyé un message sur WhatsApp où je m'étais marré en disant que c'était le "GTA", le Grand Tour de l'Atlantique. C'est sûr que c'est fait, et je crois qu'on ne peut pas faire plus grand. Quand tu longes tout, qu'à la fin tu regardes qu'il faut encore plonger, plonger, plonger, et que tu remontes au cap 300 pour venir en Martinique, tu te dis qu'il y a quand même un truc”.
Tout au long de la traversée, le skipper a notamment livré une bataille à distance avec Jean-Pierre Kelbert, également engagé sur un JPK 10.50. À propos de son bateau, Alexandre Ozon déclare : “Le bateau est dingue, franchement. Le problème, c'est que l'on se pose la question de savoir jusqu'où on peut taper dedans, parce que lui, il ne s'arrête pas. Donc à un moment on se dit qu'il faut se calmer, car de toute façon on l'a bien vu, c'est le bonhomme qui limite. À un moment je me suis dit : "Punaise, mais là je fais trois fois 14 nœuds de moyenne !". Je me disais : "Mais qu'est-ce qui m'empêche de faire encore plus ?". Et pourtant j'étais quand même bien dessus, mais je me disais qu'il y aurait encore plus de toile à mettre”.
L’organisation souligne également son implication dans l’entraide entre concurrents, notamment via le groupe WhatsApp de la course, où il apportait une aide technique liée à ses compétences en informatique. Le skipper explique : “Il y avait quand même pas mal de petits dossiers où je pouvais aider. Déjà, tu peux peut-être les sortir un petit peu de la difficulté. Je pense que dans la vie de tous les jours, de toute façon, si tu peux aider les autres c'est quand même plutôt sympa.”





















