Nouvelle-Calédonie : Plus de 2 000 personnes interrogées sur l’avenir institutionnel, une première

Une première restitution, concernant notamment les acteurs socio-économiques, a eu lieu le 29 avril à Koné, en présence d'étudiants calédoniens ©Haut-commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie

Nouvelle-Calédonie : Plus de 2 000 personnes interrogées sur l’avenir institutionnel, une première

Lancée à la demande du ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, au lendemain du 2ème référendum d’autodétermination, la vaste consultation citoyenne sur l’avenir institutionnel vient de se clôturer. Plus de 2 000 personnes ont été interrogées, une première. Un sujet de notre partenaire Actu.nc. 

C’est un travail inédit qui vient de s’achever. Près de trois mois après son lancement, la consultation citoyenne sur l’avenir institutionnel s’est clôturée, jeudi 15 avril 2021. Jamais une aussi vaste enquête sur la question du devenir du pays n’avait été menée. Elle va, pour la première fois, rendre compte de façon qualitative et quantitative, de l’état d’esprit de la population sur la houleuse question de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. 

Depuis mi-janvier, l’Institut d’études de marché et de conseils marketing Quidnovi interroge la société civile. Entrevues en face-à-face, entretiens téléphoniques, récolte de réponses à des questionnaires... Quelque 1 003 adultes, installés en zone urbaine ou rurale, toutes communautés confondues, ont répondu. Côté jeunes, 1 109 étudiants, de l’Université de la Nouvelle-Calédonie, du vice-rectorat et de l’enseignement agricole ou encore inscrits à la Maison de la Nouvelle-Calédonie à Paris ont été sollicités. « C’est 14 % des étudiants calédoniens », précise Julien Pailhere, le directeur de cabinet du Haut-commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie. 

En parallèle, l’entreprise Bluenove a recueilli le point de vue de 113 associations, syndicats, groupes d’intérêt, à travers des questionnaires, et l’audition de 51 d’entre elles désireuses d’étayer leur point de vue. Organisations pays ou provinciales, basées à Nouméa, Lifou, Ouvéa ou Koumac, à vocation culturelle, environnementale ou sportive... une multitude de structures se sont prêtées au jeu, proposant leur propre définition de l’indépendance, la souveraineté et la citoyenneté.

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L’indépendance est ainsi aussi bien perçue comme la liberté de « décision concernant l’avenir institutionnelle de son pays », la garantie d’un « financement durable de la diversité médiatique », une incertitude « réglementaire, financière et d’accès sur des marchés extérieurs » ou encore la capacité d’« assumer seul la protection de sa population face à toutes les menaces environnementales, sanitaires et autres agressions extérieures ». 

« Nous nous réjouissons de la diversité des contributions, cela montre que l’ensemble des personnes désirant s’exprimer l’ont fait et c’était vraiment là notre objectif », souligne Julien Pailhere. Pour un tableau le plus complet possible, l’État, à travers le Haut-commissariat, s’est aussi entretenu avec le monde socio-économique et l’ensemble des maires de Nouvelle-Calédonie. 

Si l’heure est au dépouillement des données, les prestataires se hâtent. Il faudra restituer l’ensemble des résultats auprès des élus le plus rapidement possible, avant leur départ vers Paris. Ceux-ci sont conviés à Matignon pour une session d’échanges et de travail sur la question institutionnelle du 25 mai au 3 juin. « Cette consultation avait pour objectif d’alimenter leur réflexion et peut-être puiser des idées dans les propositions faites dans le cadre de la consultation ».

Rendez-vous donc, a priori, le 7 mai pour une restitution des résultats de la consultation citoyenne aux élus, et le 10 mai, pour le grand public avec le ministre des Outre-mer en duplex depuis la Polynésie française. Une première restitution a eu lieu le jeudi 29 avril à Koné, en province Nord, en présence d’étudiants et des acteurs socio-économiques autour des thèmes défis climatiques et enjeux économiques

Delphine Bossy pour Actu.nc